En visite à Istanbul, la ministre Nicole Bricq est venue défendre Airbus, Alstom, EDF, Areva mais aussi le luxe français.
Nicole Bricq est arrivée mardi à Istanbul avec une délégation de patrons pour tourner la page des relations houleuses entre la France et la Turquie qui avaient suivi le vote de la loi sur la négation du génocide arménien,
l'hiver dernier. La visite de deux jours de la ministre du Commerce
extérieur a lieu dans la foulée du Comité mixte France-Turquie qui
s'était tenu fin novembre à Paris avec son homologue turc, Zafer
Caglayan.
Sur les rives du Bosphore, Nicole Bricq
vient défendre les secteurs de pointe de l'industrie hexagonale,
notamment celui du luxe, et des contrats dans le secteur des transports
et de l'énergie. «Nous voulons mettre en place avec la Turquie des
partenariats industriels sur le long terme», a-t-elle déclaré lors d'une
conférence de presse avec le président de Pegasus Airlines.
La compagnie aérienne a passé commande à Airbus
de soixante-quinze A 320 en décembre. La promotion de l'aéronautique
européenne doit se poursuivre ce mercredi avec le directeur général de
Turkish Airlines, qui a acheté quinze A 330 cet automne. Des discussions
pour l'acquisition portant de cent cinquante avions, y compris des A
380, sont en cours. Concernant les infrastructures urbaines cette
fois-ci, un contrat homologuant la vente de rames de tramway d'Alstom a été signé avec la ville de Gaziantep.
Le nucléaire constitue un volet important de cette visite. Via des consortiums chinois et japonais, EDF et Areva sont candidats à la construction de la deuxième centrale nucléaire turque, sur les bords de la mer Noire.
Deux centrales en jeu:
Le
vainqueur de l'appel d'offres sera connu à la fin du mois. Le ministre
de l'Énergie, Taner Yildiz, a invité les Français à rester dans la
course, signe d'une détente entre les deux pays. Le projet d'une
centrale thermique de GDF Suez dans le sud du pays doit également être
évoqué avec lui. Enfin, la promotion des marques de luxe est au
programme de Nicole Bricq, notamment l'inauguration de boutiques Louis Vuitton ou Christian Dior,
ce mercredi à Istanbul. «Le marché turc présente un fort potentiel,
explique Élisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert
qui représente 75 marques de luxe françaises et organisateur de ce
festival. Le chiffre d'affaires en Turquie de nos maisons a augmenté de
30 % entre 2010 et 2012.»
Malgré un net ralentissement de
l'économie, la croissance devrait atteindre 2,9 % en 2012. La Turquie
offre donc des perspectives intéressantes aux entreprises tricolores.
L'acquisition par Aéroports de Paris (ADP)
de 38 % de TAV, premier opérateur aéroportuaire turc, pour 874 millions
d'euros, fait partie des investissements majeurs qui ont été réalisés
ces derniers mois.
Derrière l'Allemagne et l'Italie, la France est
le troisième partenaire européen du pays. Les échanges bilatéraux ont
représenté 13,5 milliards d'euros l'an dernier. Un placement qui peut
être amélioré d'après le directeur d'Ubifrance en Turquie, car
l'importance du marché turc n'est toujours pas appréciée à sa juste
valeur: «Lorsqu'un patron vient pour la première fois, il est toujours
surpris par un dynamisme qu'il ne soupçonnait pas.»
Bourse:
ALSTOM
31,76€ +0,78%

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