Le couple Obama, lors du bal qui a suivi l'investiture du Président américain, lundi à Washington.
Jason Wu, taïwanais installé à New York, a habillé la First Lady au bal d'investiture, mais se voit refuser le dépôt d'une de ses marques dans son île natale...
Avoir la première dame des États-Unis comme fan
et officieuse égérie peut s'avérer très utile pour une marque qui
cherche à se faire un nom sur les podiums new-yorkais et à créer le buzz
sur la planète mode.
Installé à New York, le styliste
américano-taïwanais Jason Wu, qui commercialise avec succès depuis 2006
sa griffe éponyme, en a fait l'expérience. Sa carrière a décollé après
l'apparition d'une de ses robes sur Michele Obama, il y a quatre ans, au bal d'investiture de son époux. Et lundi, lors du deuxième bal d'investiture de Barack Obama réélu, la First Lady a de nouveau dansé en flamboyante robe rouge encore griffée Jason Wu.
Ce
coup de projecteur planétaire n'a cependant pas aidé Jason Wu à
résoudre un prosaïque problème de dépôt de marque à Taïwan. Son pays
natal vient en effet de refuser le dépôt de la troisième griffe de Mr
Wu,«Miss Wu», pourtant déjà reconnue en Europe et aux États-Unis. Deux
autres de ses marques avaient été dûment enregistrées ces dernières
années à Taïwan.
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Des misters et misses Wu innombrables à Taïwan:
Si
le tribunal de l'Office de la propriété intellectuelle taïwanais a
retoqué cette griffe, c'est parce qu'il a jugé le nom Wu, du créateur,
aussi répandu à Taïwan que l'est Martin en France. La marque «Miss Wu» ,
en revanche, ne lui a pas semblé assez réputée sur l'île.
Tout
n'est certes pas encore perdu pour Jason Wu. L'Office de la propriété
intellectuelle de Taïwan lui a suggéré de reformuler sa demande. Mais il
faudra que le jeune créateur prouve que «Miss Wu» est «connue comme
marque par les clients», explique un porte-parole du tribunal de cet
Office. «La notoriété créerait alors son droit à exister, ce qui se
plaide assez couramment», selon Emmanuelle Hoffman, spécialiste en droit
de la propriété intellectuelle à Paris.
Une telle mésaventure ne
pourrait pas se produire en France. «On ne peut pas empêcher un créateur
d'utiliser son nom, sauf en cas de dépôt antérieur par une autre
personne», précise maître Hoffman. Une marque doit certes avoir, entre
autres, un caractère «distinctif» pour exister, mais cela n'a pas
empêché les André, St Dupont et autre JB Martin de prospérer…

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