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mardi 5 février 2013

Climat social toujours tendu chez PSA et Renault.

Le site de PSA, à Aulnay.Le site de PSA, à Aulnay.


L'usine de PSA à Aulnay est restée quasiment paralysée. Des débrayages ont à nouveau touché Renault.



Le conflit s'enlise dans l'usine de PSA à Aulnay, quasi paralysée depuis le 16 janvier. Alors que la CGT avait à nouveau appelé à la grève, la direction n'a pas démarré la production mardi matin, de façon, a-t-elle précisé, à pouvoir informer les salariés par petits groupes - pour de meilleures conditions de sécurité - sur le plan de restructuration. «Des œufs et des écrous ont été lancés vendredi dernier et lundi sur du personnel encadrant ; de gros pétards éclatent régulièrement», dénonce une porte-parole du site, qui ajoute que «les grévistes (environ 250 personnes) continuent d'intimider les non-grévistes sur la ligne de montage». Quelques voitures ont pu être en partie assemblées dans l'après-midi.

Risque de radicalisation:


À la demande des syndicats CFE-CGC, CFTC, FO et SIA, un comité central d'entreprise va se tenir le 15 février pour permettre à des salariés d'Aulnay d'être transférés avant la fermeture du site - prévue en 2014 - vers l'usine de Poissy. «Il y a des gens qui ne se sentent pas bien à Aulnay. Nous voulons leur donner la possibilité de quitter cette ambiance», explique Franck Don, de la CFTC.

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«Aujourd'hui, on assiste moins à des mouvements sociaux qu'à des implosions ou explosions sociales», a souligné Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, sur BFMTV. Les services de renseignement ont reçu récemment comme instruction de suivre «au plus près» les entreprises en difficulté, afin de prévenir «les risques d'incidents» ou d'éventuelles «menaces sur l'outil de production en cas de radicalisation d'un conflit».

En théorie, la grève à Aulnay, où la Citroën C3 est fabriquée, n'a pour l'instant «pas d'impact» sur les livraisons, selon la direction. Certains insistent sur le fait que ces perturbations de la production avaient été anticipées et indiquent qu'une troisième équipe va être créée à Poissy le 11 février pour fabriquer des C3 et des DS3. Il n'empêche, «si ça dure, nous allons manquer de C3, car nous ne pouvons pas transférer la production du jour au lendemain à Poissy», glisse un dirigeant.
PSA, qui devrait annoncer la semaine prochaine une situation de son activité automobile «extrêmement déficitaire», selon Denis Martin, le directeur industriel, dit avoir identifié 3500 possibilités de postes de reclassement - dont 1300 en interne - pour les 2800 salariés d'Aulnay.
Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a de son côté estimé sur RTL que la fermeture de l'usine d'Aulnay était inéluctable. «En tout cas, nous n'avons pas trouvé d'autre solution», a-t-il déclaré, tout en estimant que PSA avait «trop tardé» et «dissimulé» sa situation.
Parallèlement, des salariés ont débrayé sur plusieurs sites de Renault (Flins, Douai, ou Sandouville) pour protester contre l'accord de compétitivité proposé par la direction, qui faisait l'objet d'une nouvelle réunion de négociation avec les syndicats. Une prochaine réunion est prévue mardi prochain. «Il va falloir que la direction soit plus précise sur le planning de développement de modèles et les affectations de production en France», a déclaré Dominique Chauvin, de la CFE-CGC. Nissan, l'allié de Renault, pourrait, en cas d'accord, produire sa petite Micra à Flins, selon une source interne.
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