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lundi 4 février 2013

Le cri d'alarme des exportateurs.

La remontée du dollar face à l'euro handicape la compétitivité des entreprises françaises à l'international, mais aussi en France, face à des concurrents chinois, américains ou turcs.

Mauvais coup pour le «made in France». Les industriels français ne cachent pas leur inquiétude face à la lente mais inexorable appréciation de la monnaie européenne. «La hausse de l'euro face au dollar et au yen pourrait pénaliser les exportateurs français», a reconnu Bernard Arnault, en présentant la semaine dernière les résultats records pour LVMH en 2012. Certes, à environ 1,36 dollar pour un euro, on reste loin des sommets, mais le ralentissement économique réduit les marges de manœuvres. Et c'est toujours une mauvaise nouvelle pour les grands exportateurs comme Airbus. «C'est un handicap supplémentaire. Il nous oblige à répercuter 3 à 5 % de hausse tarifaire, en plus des 10 % liés à l'inflation des matières premières», avoue Thierry Blandinières, président de Delpeyrat, le leader du foie gras: «c'est d'autant plus problématique que cela touche des marchés à forte valeur ajoutée comme le Japon ou la Suisse qui représentent 20 % de notre chiffre d'affaires à l'export et 30 % de notre rentabilité.»
Guillaume de Fougières, le président du directoire d'Arc International, lui, ne décolère pas: «Quand l'euro grimpe de 1,30 à 1,40, cela nous fait perdre d'un coup l'équivalent des efforts consentis par l'État en faveur de notre compétitivité. C'est comme si le gouvernement avait jeté l'argent par les fenêtres.» Le groupe produit sur deux sites en France, à Châteauroux et à Arques, ses verres Luminarc et autres Cristal d'Arques dont 80 % sont exportés. Face à lui, il retrouve sur les marchés internationaux, mais aussi en France, des concurrents chinois et turcs dont les coûts sont indexés en dollars. «L'Europe ne peut pas rester comme cela: nous avons déjà une main-d'œuvre plus chère que celle de nos concurrents chinois ou turcs, nous subissons des contraintes environnementales qu'ils n'ont pas à supporter et en plus nous sommes victimes d'un taux de change défavorable», martèle le dirigeant qui veut éviter le sort des porcelainiers français, décimés. Comme ces derniers, il espère obtenir la mise en place de barrières douanières. «Je compte me mobiliser avec les verriers européens pour pousser la Commission à augmenter les droits de douane sur les produits verriers importés de Chine ou de Turquie», assure-t-il.

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Limiter les dégâts:


À court terme, Arc International, comme la plupart des exportateurs, limite les dégâts grâce à des couvertures de change qui lui garantissent un cours plus favorable du dollar pendant six mois. Le problème, c'est pour la suite. «Grâce à nos couvertures de change, il n'y aura pas d'impact sur l'exploitation en 2013 mais nous allons devoir accélérer nos efforts de productivité pour faire face à un euro trop élevé», conclut Guillaume de Fougières.
La mauvaise nouvelle, en effet, c'est que le raffermissement de l'euro, qui a déjà gagné 12 % face au billet vert depuis le mois de juillet, semble bien parti pour se poursuivre. «Il y a une possibilité croissante pour que le seuil d'1,40 soit franchi», prédit une étude de Morgan Stanley qui chiffre à 1,23 ce qui devrait être la «juste» parité euro-dollar pour l'économie française. À noter, toutefois, que tout le monde ne se plaint pas. «Un euro fort est plutôt un atout pour ceux de nos achats effectués hors zone euro, notamment en Europe de l'Est (13 % de nos achats) et en Asie (17 %)», indique-t-on chez Conforama.

Bourse:
LVMH
134,00                -4,18%

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