Taxer la résidence principale, l'idée n'est pas nouvelle et réapparaît régulièrement à l'heure où toutes les pistes fiscales sont explorées. Une augmentation de la taxe foncière paraît déjà inéluctable mais d'autres pistes ne sont pas exclues…
Dans une note présentée au Premier Ministre cette semaine, le Conseil
d'Analyse Economique (CAE) s'est à nouveau penché sur la fiscalité des
revenus du capital en opposition à la fiscalité du travail. Les experts
du CAE pointent l'extrême hétérogénéité de la fiscalité du capital en
France et mettent en lumière les
taux d'imposition faibles de l’immobilier et de l’assurance-vie.
Une nouvelle taxe ?
Sur
la fiscalité de l'immobilier, les économistes du CAE abordent un sujet
qui risque de fâcher la plupart des propriétaires, celui des "loyers
implicites" qui échapperait à l'impôt. Par "loyer implicite", on entend
l'évaluation du montant de la valeur de l'occupation de son logement,
autrement dit le loyer dont devrait s'acquitter un ménage propriétaire
s'il devait louer son logement.
Le Conseil d'Analyse Economique
préconise sans détour de taxer les loyers implicites ou à défaut,
d'actualiser les valeurs locatives pour remettre la taxe foncière en
ligne avec la valeur effective des propriétés. Cette réévaluation des
valeurs locatives pourrait bien sûr entraîner une forte hausse de la
taxe foncière supportée par les propriétaires.
Le sujet qui fâche
Ces
idées ne sont pas nouvelles et le CAE rappelle que l’imposition des
loyers implicites doit prendre en compte l’endettement éventuel du
propriétaire-occupant. Le but serait de ne taxer que le loyer net des
intérêts d’emprunts avec possibilité d'un report déficitaire si les
intérêts sont supérieurs aux loyers.
Dans le cas d'un simple
propriétaire occupant de sa résidence principale, cette analyse semble
oublier les sacrifices financiers que le ménage a pu consentir pour
devenir propriétaire, surtout dans la période récente de flambée des
prix de l'immobilier en France. Les charges d'entretien ou de
copropriété supportées par les propriétaires ont par ailleurs un coût
parfois très lourd, en particulier en région parisienne. Taxer davantage
les français sur leur résidence principale pourrait même conduire à
dégrader l'entretien des bâtiments sur une longue période.
La taxe foncière est appelée à augmenter
Bref,
taxer directement "la France de propriétaires" serait une mesure très
impopulaire et tout gouvernement y réfléchira à deux fois… La révision
des valeurs locatives est par contre un processus qui vient d'être
enclenché, l’objectif étant de parvenir à un mode de calcul plus en
accord avec les réalités du marché que celui en vigueur actuellement qui
date de 1970.
La taxe foncière est en effet censée représentée la
moitié de la valeur locative de son logement. Si tel était le cas,
beaucoup de propriétaires verraient au bas mot leur taxe foncière
multipliée par deux. En région parisienne, en appliquant la flambée des
prix de l'immobilier depuis 1970, l'addition serait même encore plus
salée. Cette réforme des valeurs locatives va prendre du temps, au moins
4 ans, mais une chose est sûre aujourd'hui, la taxe foncière est
appelée à augmenter significativement à l'avenir !
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