
Robert Badinter a qualifié le projet d'«absurdité» .
Ils contestent devant le tribunal administratif la construction du futur palais de justice dans le quartier des Batignolles.
Le futur palais de justice qui doit sortir de terre dans le quartier des Batignolles d'ici à 2017 ne fait pas que des heureux. Du côté des avocats, en particulier, on n'apprécie guère de devoir quitter le centre historique de la capitale pour atterrir en bordure du boulevard périphérique. La Chancellerie, jeudi, évoquait de son côté une «mise à plat» du dossier, conclu par l'ancien garde des Sceaux, afin d'avoir une vision claire du projet et de ses implications. Conclusions attendues en principe avant la fin du mois de juillet.
En mars, lors du questionnaire organisé par le barreau de Paris, les avocats s'étaient prononcés à une large majorité (64 %) contre ce déménagement. Et, le 13 avril dernier, l'association «La justice dans la Cité» contestait devant le tribunal administratif la signature du contrat de partenariat public-privé (PPP) entre l'État et le groupe Bouygues chargé de la construction du futur Palais de justice.
Cette tour «verte» de 160 m imaginée par le célèbre architecte Renzo Piano, et dont les travaux ne devraient pas démarrer avant 2013, est qualifiée de «projet d'arrière-garde, ruineux, polluant et arrogant» par Cyril Bourayne, le président de l'association. D'après lui, le coût de réalisation estimé à 575 millions d'euros est loin de refléter la réalité. «Le PPP représentera une charge de 1,666 milliard d'euros sur 27 ans. On sait que ce genre de contrat coûte toujours 30 % plus cher et on arrivera au final à plus de 2 milliards», dénonce l'avocat.