RBS a écopé au total d’une amende de 390 millions de livres (444 millions d’euros) pour avoir manipulé le Libor.
La Royal Bank of Scotland n’est sans doute pas la dernière banque à être prise dans la tourmente de ce scandale tentaculaire.
«Est-ce que tu peux fixer un Libor suisse 6 mois très bas s’il te plaît? Il doit me rester des sushis pour toi…» demande en 2008 un trader. «OK, un taux bas, parce que c’est toi», lui répond en se faisant un peu prier son collègue de RBS chargé de soumettre tous les matins à la British Bankers’ Association le taux d’emprunt de la banque. «Wooooooooo! 0,01 %? Ce serait génial», exagère volontairement le trader, qui se voit répondre «1,33». «Parfait, tu es quelqu’un de bien», conclut le trader satisfait de son coup.
Cet échange de courriels chez Royal Bank of Scotland est l’un des 219 e-mails, messages instantanés ou appels téléphoniques, datés de 2006 à 2009, publiés mercredi par les autorités britanniques et américaines à l’appui de leur dossier contre la banque britannique. RBS a écopé au total d’une amende de 390 millions de livres (444 millions d’euros) pour avoir manipulé le Libor, ce taux interbancaire libellé en différentes devises qui guide la fixation des taux d’intérêt pour des quantités considérables de prêts et d’obligations à travers le monde.
Chez RBS, 21 personnes sont épinglées. La banque est la troisième après Barclays et UBS à être sanctionnée dans le cadre des investigations en cours sur le «Liborgate», la première à hauteur de 360 millions d’euros, la seconde pour 1,1 milliard. Dans les trois cas, les échanges témoignent de pratiques généralisées de manipulation.
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