La Cour des comptes juge le système de lutte contre le chômage aussi coûteux qu'inefficace. La renégociation des règles d'indemnisation, prévue à la fin de l'année, s'annonce très tendue.
La lutte contre le chômage
est à la fois coûteuse et inefficace. Et la France n'a plus les moyens
de s'offrir un système cher et inefficace. Voilà à grands traits la
conclusion de la Cour des comptes, dans un rapport sur le marché du travail publié ce mardi, qui n'a pas fini de faire des vagues au cours des prochains mois.
Comme
souvent, les éléments listés par la Cour sont en réalité tous connus.
Mais leur compilation tourne à la démonstration implacable.
L'indemnisation chômage et la solidarité nationale (RSA, prime pour l'emploi)
s'entremêlent de façon illisible. Seule la moitié des chômeurs touche
une indemnité tandis que l'indemnisation des autres est plus généreuse
et plus longue que dans la plupart des pays comparables. Les formations
ne ciblent pas ceux qui en ont le plus besoin. Les contrats aidés, trop
souvent dans le public et pas assez dans les entreprises, débouchent
rarement sur un véritable emploi. Le pilotage et le financement des
organismes concernés - formation, Pôle emploi, Unedic… - mélangent une
multitude d'acteurs, diluant les responsabilités. Cette complexité
ralentit le retour des chômeurs vers l'emploi, facteur clé du succès de
la lutte contre le chômage et de l'équilibre financier des régimes. La
dette cumulée par l'Unedic, justement, n'en finit plus de gonfler.
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Intermittents et cadres supérieurs dans le viseur:
«Des
réponses urgentes et appropriées doivent être trouvées dans le cadre de
la renégociation de la convention d'assurance chômage, qui aura lieu
fin 2013», préviennent les magistrats financiers. Les pistes suggérées
par la Cour des comptes donnent une idée de la sensibilité politique et
sociale de la question. Toute première suggestion: revoir les règles du
jeu pour les intermittents du spectacle, qui plombent les comptes alors
qu'ils représentent moins de 3% des chômeurs. Deuxième idée: instaurer
un «remplacement décroissant des prestations d'assurance chômage pour
les niveaux d'indemnisation les plus élevés» - en clair, rendre le
système moins généreux pour les cadres supérieurs. Et ainsi de suite…
Patronat
et syndicats, qui cogèrent le régime ont en effet rendez-vous à la fin
de l'année pour en remettre les règles à plat, sous le regard du
gouvernement. Le rapport de la Cour des comptes montre à quel point la négociation sera difficile.
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