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lundi 11 juin 2012

Madrid a pour l'instant préservé sa souveraineté.


Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse dimanche à Madrid.
Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse dimanche à Madrid.
 
 
 DÉCRYPTAGE - L'Espagne espère voir accepter un plan de relance de quelque 100 milliards d'euros tout en restant pleinement aux commandes.
 
 
De l'Europe compliquée, il faut toujours en revenir avec des idées simples. Un fonds de sauvetage européen va donc prêter directement à un fonds public espagnol, lequel recapitalisera les banques dans le besoin. Mais c'est le gouvernement de Madrid en personne qui en a fait la demande et, juridiquement, lui seul sera garant des capitaux avancés. Ils pourraient atteindre 100 milliards d'euros, c'est l'enveloppe promise. Le conditionnel s'impose, car la somme exacte dépendra des missions d'audit bancaire, qui rendront leurs conclusions d'ici à la fin juin.
Un accord international fonctionne comme une auberge espagnole. On n'y trouve que ce qu'on y apporte. Rien n'est fixé à l'avance. Chacun entre avec ses exigences et ressort de la négociation avec quelques concessions.
Le gouvernement Rajoy voulait deux choses, obtenir de l'argent et préserver sa souveraineté. Il s'agissait d'abord de rester maître chez soi dans l'opération de restructuration des banques, alors qu'il n'en avait pas les fonds ni les capacités d'emprunt pour y parvenir. Second desiderata, Madrid refusait impérativement que l'État espagnol soit le réceptacle de l'aide. Cela aurait impliqué des conditions draconiennes inhérentes à tout plan de sauvetage international. Demander à son peuple un surcroît d'austérité alors que les responsables sont les banques et leurs actionnaires lui paraissait inacceptable.

«Le diable est dans les détails»;

mercredi 6 juin 2012

L'Espagne appelle l'Europe à l'aide pour ses banques.

Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy.
Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy.


 Le premier ministre espagnol demande à l'Europe «d'aider les pays en difficulté». L'Espagne n'a plus accès aux marchés. L'appel à un sauvetage bancaire semble imminent.



L'Espagne est au bord du plan de sauvetage. Si Madrid n'a pas encore officiellement appelé à l'aide européenne, celle-ci devient inéluctable, tant la pression des marchés est forte.
Alors que la crise espagnole était au cœur d'une conférence téléphonique du G7, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a fait un pas de plus vers la demande d'assistance financière. Devant le Parlement à Madrid, il a appelé l'Europe à «soutenir les pays en difficulté» et préparé les esprits. «Le plus urgent, pour nous, le plus important, c'est notre problème de financement, de liquidités, et de soutenabilité de la dette», a-t-il résumé.
Réticent à accepter un sauvetage européen qu'il juge humiliant, Mariano Rajoy a rappelé sa préférence pour les achats de dettes par la Banque centrale européenne (BCE), qui ont «considérablement soulagé» l'Espagne l'an dernier.
Mais cette année, depuis que la BCE a cessé ses rachats de dettes, l'Espagne subit une hausse de taux d'emprunt telle sur les marchés obligataires qu'elle rend sa situation intenable. Le Trésor espagnol emprunte à 6,23% à 10 ans, contre 1,20% pour l'Allemagne, soit une prime de risque record de 500 points de base. «La prime de risque actuelle signifie que l'Espagne n'a pas accès aux marchés», reconnaît le ministre espagnol du Budget, Cristobal Montoro.

«L'Espagne va devoir manger son chapeau»:

jeudi 10 mai 2012

L'Espagne va nationaliser la quatrième banque du pays .

Bankia est la quatrième banque espagnole.
Bankia est la quatrième banque espagnole.


 L'État deviendra l'actionnaire majoritaire après un apport en capital de plus de 4,4 milliards d'euros. Il s'agira de la première nationalisation d'une banque importante depuis vingt ans.



En pleine crise financière et économique, l'Espagne va nationaliser Bankia, la quatrième banque du pays, issue de la fusion de sept caisses d'épargne espagnoles en décembre 2010. L'information, diffusée ce mercredi par El Pais et le quotidien ABC, a été confirmée dans la soirée par le ministère de l'Economie. Celui-ci a indiqué que le gouvernement allait prendre 45% du capital du groupe bancaire, ce qui en ferait l'actionnaire majoritaire. «La valeur nominale de ces participations s'élève à 4,465 milliards d'euros», précise le ministère dans un communiqué. L'argent proviendrait du Fonds public de soutien aux banques espagnoles, le Frob, crée en 2010.
Peu avant cette annonce, la Banque d'Espagne avait aussi confirmé que Bankia avait sollicité sa nationalisation partielle. Annoncé depuis plusieurs jours, ce renflouement est destiné à rassurer les investisseurs, alors que les comptes de la banque sont plombés par des prêts immobiliers à risques.
La perspective d'une nationalisation d'une grande banque espagnole, inédite dans le pays depuis 1992, ne plaît pas aux marchés. Ce mercredi, toutes les banques espagnoles ont été sanctionnées en Bourse: Santander et BBVA ont cédé 4,52% et 4,73%, respectivement, alors que Bankia perdait 5,84%. Le secteur entraîne dans sa chute l'ensemble de l'Ibex 35, qui a clôturé à un niveau inédit depuis 2003.

Un plan de sauvetage vendredi: