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mardi 12 juin 2012

Cinq questions sur le plan de sauvetage de l'Espagne.

Après 'aide à l'Espagne, les différents plans auront coûté environ 1500 euros pour chaque Français.
Après 'aide à l'Espagne, les différents plans auront coûté environ 1500 euros pour chaque Français.


 Si les Européens ont décidé de venir à l'aide du système bancaire espagnol, les marchés doutent encore. Ce que l'on sait déjà sur le plan en attendant les détails.


• Ce plan de sauvetage suffira-t-il?

Le chiffre de 100 milliards correspond au calcul des analystes les plus pessimistes. Le FMI mentionne des besoins compris entre 40 et 80 milliards d'euros. Ces estimations, toutefois, manquent de précision. La difficulté consiste à évaluer la dépréciation des actifs immobiliers qui infectent les bilans. C'est uniquement lorsque les banques se retrouvent contre les cordes qu'elles mettent les chiffres sur la table. C'est pourquoi le gouvernement a commandé un audit auprès de deux cabinets. Les conclusions sont attendues pour le 21 juin. Certains analystes, toutefois, craignent que les banques ne soient que «la partie visible de l'iceberg», comme l'explique Josep Maria Gay de Liebana, professeur d'économie financière à l'université de Barcelone. «Notre déficit de 2011 représente 95 milliards d'euros en 2011. Ce n'est pas un déficit ponctuel, mais chronique.» S'il fallait sauver l'économie tout entière, l'UE ne pourrait probablement pas faire face. Selon le journal El Mundo, le ministre de l'Économie, Luis de Guindos, a averti ses ­homologues samedi dernier. «Si vous voulez contraindre l'Espagne à un plan de sauvetage, préparez 500 milliards, puis 700 milliards pour l'Italie, qui sera la suivante!»

• Les banques françaises sont-elles menacées?

lundi 11 juin 2012

Madrid a pour l'instant préservé sa souveraineté.


Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse dimanche à Madrid.
Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse dimanche à Madrid.
 
 
 DÉCRYPTAGE - L'Espagne espère voir accepter un plan de relance de quelque 100 milliards d'euros tout en restant pleinement aux commandes.
 
 
De l'Europe compliquée, il faut toujours en revenir avec des idées simples. Un fonds de sauvetage européen va donc prêter directement à un fonds public espagnol, lequel recapitalisera les banques dans le besoin. Mais c'est le gouvernement de Madrid en personne qui en a fait la demande et, juridiquement, lui seul sera garant des capitaux avancés. Ils pourraient atteindre 100 milliards d'euros, c'est l'enveloppe promise. Le conditionnel s'impose, car la somme exacte dépendra des missions d'audit bancaire, qui rendront leurs conclusions d'ici à la fin juin.
Un accord international fonctionne comme une auberge espagnole. On n'y trouve que ce qu'on y apporte. Rien n'est fixé à l'avance. Chacun entre avec ses exigences et ressort de la négociation avec quelques concessions.
Le gouvernement Rajoy voulait deux choses, obtenir de l'argent et préserver sa souveraineté. Il s'agissait d'abord de rester maître chez soi dans l'opération de restructuration des banques, alors qu'il n'en avait pas les fonds ni les capacités d'emprunt pour y parvenir. Second desiderata, Madrid refusait impérativement que l'État espagnol soit le réceptacle de l'aide. Cela aurait impliqué des conditions draconiennes inhérentes à tout plan de sauvetage international. Demander à son peuple un surcroît d'austérité alors que les responsables sont les banques et leurs actionnaires lui paraissait inacceptable.

«Le diable est dans les détails»;

vendredi 27 avril 2012

S&P dégrade de deux crans la note de l'Espagne.

La nouvelle dégradation de S&P prend en compte la contraction de l'économie, qui ne sera pas sans conséquences sur le budget du pays
La nouvelle dégradation de S&P prend en compte la contraction de l'économie, qui ne sera pas sans conséquences sur le budget du pays .


La note du pays passe de «A» à «BBB+». L'Espagne est ainsi reléguée au rang d'émetteur de qualité moyenne. L'agence de notation pourrait encore abaisser la note puisque les perspectives restent négatives.



Nouveau coup dur pour l'Espagne et pour l'ensemble de la zone euro.Standard & Poor's a abaissé de deux crans la note de la dette souveraine espagnole, à «BBB+» contre «A», en dépit des vastes mesures d'austérité mises en place. La quatrième économie de la zone euro est ainsi reléguée au rang d'émetteur de qualité moyenne en mesure de faire face à ses obligations de manière adéquate, mais sa note pourrait encore dégringoler puisque l'agence de notation maintient des perspectives négatives sur le pays.
L'agence américaine craint en effet de nouveaux dérapages budgétaires liés aux faiblesses du secteur financier, véritable talon d'Achille de l'Espagne. L'État pourrait en effet être contraint de renflouer à nouveau ses banques, qui continuent de payer le prix de l'éclatement de la bulle immobilière. Un scénario auquel S&P attribue une «probabilité croissante». Les résultats en berne de Santander, première banque de la zone euro, illustrent ces difficultés: le bénéfice de l'établissement a dégringolé de près d'un quart, plombé par de lourdes provisions.
Par ailleurs, la nouvelle dégradation de S&P prend en compte la contraction de l'économie espagnole, qui ne sera pas sans conséquences sur le budget du pays. «Nous pensons que les risques sont des plus importants pour ce qui est des performances budgétaires et de la flexibilité, ainsi que pour le fardeau que représente la dette souveraine, en particulier en raison des nouvelles contingences qui pourraient se matérialiser dans le bilan du gouvernement», explique l'agence.
Le gouvernement espagnol fustige la décision de l'agence de notation, qui, selon lui, n'a pas pris en considération les réformes annoncées depuis décembre. Reste à savoir quelle sera la réaction des marchés. En début de semaine, l'Espagne ainsi que l'Italie avaient été contraintes d'emprunter à des taux très élevés.

L'Espagne frappée par un chômage record.


Il a atteint 24,44% à fin mars dans ce pays qui est retombé en récession. Certains économistes craignent qu'il ne touche un quart de la population active à la fin de l'année.





L'Espagne détruit toujours plus d'emplois, de plus en plus vite. Le taux de chômage atteint 24,4% à fin mars, révèlent les statistiques publiées ce vendredi par l'institut espagnol de la statistique (INE). Un record depuis 1996, date à laquelle ces chiffres ont commencé à être publiés. Si cette détérioration du marché de l'emploi n'est pas vraiment une surprise, c'est une mauvaise nouvelle de plus dans un pays qui est retombé en récession ce trimestre et qui s'est vu dégradé de deux crans par l'agence de notation Standard & Poor's jeudi soir.
D'autant plus que le rythme des destructions d'emplois, qui s'accélère, inquiète. 374.000 personnes ont perdu leur emploi durant les trois premiers mois de 2012, contre 295.300 durant les trois derniers de 2011. «Ce sont toujours les destructions de postes dans la construction qui contribuent le plus à la baisse de l'emploi, observe Jesus Castillo, de Natixis. Toutefois, depuis maintenant trois trimestres, les destructions d'emplois dans les services se sont intensifiées alors que jusqu'à présent ce secteur avait été «relativement» épargné comparé aux autres secteurs.»

«Les conditions devraient empirer»:

mardi 19 juillet 2011

L'Allemagne veut embaucher des chômeurs européens.


Un ouvrier allemand dans une usine appartenant à EADS.
Un ouvrier allemand dans une usine appartenant à EADS.
A la recherche de main d'oeuvre, l'Allemagne veut attirer désormais les chômeurs européens laissés sur le carreau par la crise financière.
 

L'Allemagne aurait-elle trouvé un moyen de profiter de la crise dans la zone euro ? C'est ce que laisse penser Monica Varnhagen, en charge du département « étranger » de l'Agence fédérale pour l'emploi outre-Rhin: « Il y a un grand potentiel en Espagne, où des milliers d'informaticiens, même spécialisés, sont sans-emploi», a-t-elle déclaré dans une interview donnée au quotidien Die Welt. Elle cite le chiffre de 17.000 Espagnols qui s'intéresseraient déjà à un emploi en Allemagne. Le potentiel de main d'oeuvre serait particulièrement grand dans les pays les plus touchés par la crise, la Grèce et le Portugal en tête.
Avec un taux de chômage de 6,9% en juin, contre près de 21% en Espagne, l'Allemagne pourrait pour une fois faire figure d'Eldorado. Avec 1,4 enfant par femme (contre 2,01 en France), la natalité allemande est en berne et le besoin de jeunes bras, et de cerveaux se fait plus que jamais sentir pour pallier au vieillissement de sa population. Selon des appels lancés par l'ancien ministre de l'économie et le président des industriels, l'Allemagne aurait un besoin urgent de 200.000 à 300.000 travailleurs qualifiés.

L'Allemagne peut attirante pour les étrangers: