La France et l'Allemagne, qui viennent de célébrer le cinquantième anniversaire du traité de l'Élysée, se présentent souvent - en tout cas à Paris - comme les deux partenaires commerciaux mutuellement les plus importants. Or il s'agit en grande partie d'un mythe qui ne résiste pas à une analyse un tant soit peu approfondie. Les États-Unis sont en réalité le premier client pour les exportateurs français de produits industriels et de services, devant l'Allemagne, selon l'OMC et l'OCDE.
Les chiffres traditionnels du commerce international sont en effet fallacieux. Ainsi un iPod assemblé en Chine est considéré comme un produit chinois quand il passe la frontière française, au prix de 200 dollars. En réalité seulement 6% du travail de fabrication a été effectué en Chine, alors que les éléments proviennent d'une dizaine d'autres pays. Quand on achète un iPod venant de Schengai, on importe en réalité du travail japonais, coréen ou américain. En particulier la «valeur ajoutée» des centres des recherche d'Apple est celle des travailleurs californiens.
Les études de l'OMC et de l'OCDE, qui viennent d'aboutir après de dix ans de recherches, ont consisté à décomposer la «valeur ajoutée» des produits du commerce international à chacune des phases d'élaboration. En termes de «valeur ajoutée produite en France pour l'exportation», les États-Unis apparaissent ainsi comme le premier client final, avec 12% de la production française, devançant l'Allemagne, notre deuxième client avec 11% seulement. Et dans l'autre sens, la France importe plus de «valeur ajoutée américaine» (14% de toutes nos importations), qu'elle n'en achète à l'Allemagne (12%).
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