La France n'est techniquement pas «en faillite», mais certains indicateurs économiques sont alarmants.
• Dette:
La courbe de l'endettement de la France fait partie
de celles qui inquiètent, et reflètent la dégradation de la situation du
pays sur le front des finances publiques: entre 1974 et aujourd'hui, la
dette est passée de 21,2% à 89,9% du PIB (plus de 1800 milliards
d'euros), aggravée notamment par la récession de 2008-2009. Selon les
prévisions du gouvernement, elle doit continuer à augmenter cette année
jusqu'à 91,3%, avant d'entamer une décrue en 2014.
Aujourd'hui,
les intérêts de la dette sont la première dépense de l'État, devant le
budget de l'Éducation nationale (hors pensions): en 2012, ils se sont
élevés à plus de 46 milliards d'euros. Les deux tiers de la dette
négociable de l'État sont détenus par des non-résidents.
Deux
agences de notation, Moody's et Standard & Poor's, ont privé la
dette France de son AAA - la meilleure note possible, celle qui permet
de se refinancer au mieux sur les marchés -, sans que cela ait eu,
jusqu'à présent, d'effet.
• Retraites:
Si la réforme Woerth
de 2010 (notamment le recul progressif de deux ans de l'âge de départ
en retraite) a permis de combler la moitié du déficit de tous les
régimes à horizon 2018, la crise a fini de doucher les espoirs de ceux
qui pensaient la question réglée. Fin décembre, le Conseil d'orientation des retraites
a refait ses calculs: 21,3 milliards de besoin de financement en 2017
et 25 milliards trois ans plus tard. Ses recommandations pour revenir à
l'équilibre? Relever de 1,1 point le taux de cotisation, baisser de 5%
le niveau des pensions ou reculer de 9 mois l'âge de départ. Impossible,
répond Najat Vallaud-Balkacem pour qui «n'est à l'ordre du jour ni le
fait de travailler plus longtemps, ni le fait de réduire les pensions,
ni le fait d'augmenter les cotisations». La porte-parole du gouvernement
estime qu'il «y a d'autres solutions qui existent», comme «des systèmes
de retraite à la carte ou par points». Des options de long terme qui
n'apporteront - tous les experts le disent - aucune réponse au besoin de
financement immédiat. Lors de ses vœux aux partenaires sociaux,
François Hollande a promis un débat en 2013 et une réforme en 2014.
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