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vendredi 8 février 2013

Les déserts médicaux en trois questions.

Élus locaux et médecins s'opposent sur les solutions à apporter sur ce sujet sensible. La définition même du concept fait débat.


L'affrontement reprend autour des déserts médicaux. Après la publication d'un rapport du Sénat prônant la fin de la liberté d'installation totale des médecins, les professionnels concernés montent au créneau. Élus locaux contre médecins, passage en revue des arguments des uns et des autres sur les déserts médicaux.

• Comment définir un désert médical?
Même si la ministre de la Santé Marisol Touraine a présenté fin 2012 un plan de lutte contre les déserts médicaux, il n'existe pas de carte nationale officielle sur le sujet. «Les déserts médicaux existent, mais jusqu'à présent les définitions données sont subjectives», décrit Olivier Véran, député socialiste et médecin de formation. La direction des statistiques du ministère de la Santé a calculé que 95% de la population française se trouve à moins de 15 minutes d'un médecin généraliste. «Il n'en demeure pas moins un réel problème d'accessibilité aux soins pour les 5 % restants, qui représentent quand même plus de trois millions d'habitants», insiste le rapport du Sénat. Le désert médical concerne aussi et surtout les médecins spécialistes, ce qui se traduit par des temps d'attente préoccupants (quatre mois et demi pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste, selon une étude de l'association de consommateurs UFC-Que choisir).
Le Conseil national de l'ordre des médecins a pour sa part identifié 34 départements «potentiellement en danger» à cause de nombreux départs à la retraite d'ici à 2017.

Les médecins rappellent pour leur part qu'il est abusif de parler de déserts médicaux, que les zones dites «sous-dotées» sont des déserts «tout court», vides de commerces et de services publics.

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• Faut-il limiter la liberté d'installation des médecins?

mercredi 6 février 2013

Déserts médicaux : le rapport explosif du Sénat.

Hervé Maurey, sénateur UDI de l'Eure. Crédit: DR
Hervé Maurey, sénateur UDI de l'Eure. 


Les élus de la Haute Assemblée ne croient pas aux mesures incitatives proposées par Marisol Touraine. Ils suggèrent au contraire d'exclure de la Sécu les praticiens qui veulent s'installer dans les zones «surdotées».



Un pavé dans la mare dont se serait bien passé le gouvernement en ce moment. Pour repeupler les déserts médicaux, les sénateurs ont une mesure radicale: entraver la liberté d'installation des médecins et non les inciter à ouvrir des cabinets dans des zones sous-dotées. C'est en tout cas ce qu'ils prônent dans un rapport explosif rendu public jeudi et dont Le Figaro a eu connaissance. «À l'exception des médecins, toutes les professions de santé sont régulées, justifie Hervé Maurey (UDI), l'auteur du rapport adopté à l'unanimité par la Commission de l'aménagement du territoire. Nous ne proposons pas de supprimer la liberté d'installation des praticiens, nous voulons juste encadrer le libéralisme absolu qui a conduit à la désertification de certains territoires.»
Concrètement, les élus de la Haute Assemblée proposent d'exclure de l'Assurance-maladie les médecins qui choisiraient de s'installer dans des zones déjà saturées. En conséquence, leurs patients n'étant pas remboursés par la Sécu, il serait impossible pour un jeune de se constituer une patientèle. Une mesure similaire, appliquée aux infirmiers en 2008, a provoqué en trois ans un bond des installations de 33 % dans les déserts médicaux. Les médecins spécialistes (gynécologues, cardiologues, etc.) bénéficieraient d'un régime un peu plus corsé, avec l'instauration d'un service médical obligatoire de deux ans, à la fin de leurs études, dans les petits hôpitaux de chefs-lieux de départements qui rencontrent de grandes difficultés à recruter.

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Blocage des hôpitaux:

lundi 28 mai 2012

Lundi de Pentecôte : les salariés au repos.

Ce lendemain de fête chrétienne est redevenu férié en 2008. Il s'agit toujours de travailler 7 heures de plus par an mais le nouvel exécutif pourrait revoir ce dispositif.


Comme tous les lundis de Pentecôte, le cru 2012 tombera… un lundi. Lundi prochain, en l'occurrence. Comme depuis 2008, année où il est redevenu un jour férié presque comme les autres, les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les administrations et la majorité des entreprises seront fermés. Et les salariés, fonctionnaires ou employés dans le privé, pourront passer la journée en famille. Un retour à la tradition, validée par le Conseil d'État après plusieurs années d'un imbroglio politique et syndical provoqué par l'instauration par Jean-Pierre Raffarin de la Journée nationale de solidarité, le lundi de Pentecôte.
Faisant suite à la canicule de l'été 2003, qui avait engendré le décès de 15.000 personnes âgées et mis en évidence l'isolement de certains aînés, le premier ministre avait instauré une taxe de 0,3 % sur la masse salariale, payée par les employeurs pour financer une partie des dispositifs de lutte contre la dépendance (elle frappe aussi les revenus du capital et du patrimoine). En contrepartie, les salariés devaient «offrir» une journée de travail supplémentaire. Les employeurs étaient libres d'en fixer les modalités par accord d'entreprise ou de branche - à défaut, le lundi de Pentecôte était retenu.
Face à la pagaille, la règle a été revue en 2008: les salariés «doivent» sept heures de travail supplémentaire par an. Le plus souvent, une RTT ou un jour de congé leur est supprimé ; il arrive que ces sept heures soient découpées au fil de l'année. Beaucoup de grandes entreprises font cadeau de cette journée à leurs salariés. Le lundi de Pentecôte, lui, est redevenu férié. La taxe est toujours là, qui a rapporté 2,33 milliards en 2011, dont 60 % destinés aux personnes âgées et 40 % à celles handicapées.

«Cotisation de solidarité» bientôt à l'étude:

mardi 22 mai 2012

Économie, social : premiers frottements entre ministères.

Les ministres dont certaines compétences se recoupent bataillent pour délimiter leur territoire.


Qui a la main sur quoi? Les décrets d'attribution détaillant le périmètre exact de chaque ministre seront discutés ce mercredi en Conseil des ministres, annonce Matignon. Derrière leur aspect très juridico-administratif, ces textes sont hautement politiques, puisque le champ d'action détermine le poids d'un ministre et sa visibilité médiatique potentielle. Dans la sphère économique et sociale, les risques de tiraillements sont nombreux. Les comptes de la Sécu pourraient être partagés entre deux ministres. Le ministère du Budget n'a plus la main sur la réforme de l'État. L'énergie est sortie du giron de Bercy . État des lieux des zones de tensions potentielles.
• Quand Montebourg reçoit les syndicats… et le fait savoir
• Les syndicats déjà au cœur des enjeux
• L'énergie, entre écologie et industrie
• Bataille autour de la Sécu
• Bercy n'a plus la tutelle sur la réforme de l'État


Quand Montebourg reçoit les syndicats… et le fait savoir:


 
Il est 9 h 35, ce lundi matin, quand les services d'Arnaud Montebourg envoient un communiqué annonçant que le nouveau ministre du Redressement productif va recevoir un quatuor de représentants des syndicats et du patronat dans la journée. Défileront ainsi dans son bureau, au 3e étage du paquebot Bercy, Jean-François Roubaud (CGPME), Jean-Claude Mailly (FO), François Chérèque (CFDT), Laurence Parisot (Medef) et Mohammed Oussedik (CGT).
Marquer très vite son territoire et montrer sa réactivité face à la vague de plans sociaux qui vont déferler. Donner l'image d'un ministre soucieux d'engager une politique industrielle ambitieuse et commencer sans tarder à discuter avec les syndicats: voilà le message qu'Arnaud Montebourg voulait envoyer à l'opinion en recevant les partenaires sociaux le lundi de son installation.
Griller la politesse à Jean-Marc Ayrault:
Et qu'importe s'il a grillé la politesse à… Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, qui mènera dans les prochains jours des consultations officielles avec les leaders syndicaux et patronaux. Ou s'il marche sur les plates-bandes de ses collègues chargés des questions sociales (Michel Sapin, Marisol Touraine…) qui, s'ils ont pris des contacts informels, accordaient la préséance au premier ministre avant de recevoir plus officiellement leurs interlocuteurs.
«C'est bizarre, on ne se bat pas généralement pour récupérer les dossiers explosifs», s'amuse un ministre. Dans l'entourage d'Arnaud Montebourg, on donne une explication bien plus terre à terre: «Il n'y a pas eu de passation jeudi avec le ministre de l'Industrie Éric Besson (qui était parti en vacances, NDLR), nous n'avons récupéré que des dossiers incomplets et il y avait une forme d'urgence à aller chercher l'information là où elle est.» Le ministre veut travailler «en toute transparence», rassure-t-on dans son entourage. Il s'agissait aussi, selon Bercy, «d'un premier échange sur l'état de l'appareil productif français».
Fralib, Petroplus, ArcelorMittal ou Peugeot-Aulnay seront des dossiers à prendre en main très rapidement. La semaine dernière, Arnaud Montebourg avait indiqué vouloir faire de son ministère celui de la «reconquête» des emplois industriels détruits.
Plutôt que de prendre publiquement la mouche, Matignon préfère minimiser, reléguant l'initiative de Montebourg à des «rencontres informelles».



Les syndicats déjà au cœur des enjeux:

samedi 19 mai 2012

Retraite : Touraine lâche du lest aux syndicats.


La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, en discussion avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 17 mai, à l 'Élysée.
La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, en discussion avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 17 mai, à l 'Élysée.
 
 
 La ministre des Affaires sociales a indiqué que les congés maternité seraient comptabilisés dans les 41 annuités de cotisation requises pour un départ à la retraite à 60 ans. Le décret en fixant les modalités sera publié avant l'été.
 
Les choses se décantent, un peu, sur les premières mesures sociales que doit prendre le gouvernement. Le décret fixant les modalités d'un retour partiel à la retraite à 60 ans pour les salariés «qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ont cotisé pendant 41 ans» sera publié «fin juin, début juillet au plus tard», a annoncé Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé. «C'est une mesure prioritaire, de justice», a-t-elle insisté à la veille de l'ouverture de la consultation avec les partenaires sociaux que lui a demandé de lancer Jean-Marc Ayrault sur le sujet.
Le premier ministre a de son côté précisé qu'il y aurait des marges de manœuvre sur les modalités de départ partiel à 60 ans. Pour l'heure, seuls les salariés ayant effectivement cotisé 41 annuités sont concernés. Ceux qui atteignent cette durée grâce à des bonifications au titre du service militaire, de période de chômage, de maternité ou d'arrêts maladie ne le sont pas. Enfin, pas encore…
Car devant la grogne croissante des syndicats qui mettent la pression afin d'élargir le périmètre des bénéficiaires, Marisol Touraine a déjà commencé à lâcher du lest. «Les congés maternité ou de service militaire seront comptabilisés», a pour la première fois reconnu la ministre, qui est cependant restée assez floue sur les périodes de maladie et de chômage qui - c'est justement l'objet des discussions avec les partenaires sociaux - pourront être «intégrées sous certaines limites». La ministre s'est bornée à rappeler l'objectif par an de ce retour à la retraite à 60 ans (150.000 bénéficiaires) et son coût (1  milliard d'euros). «Je rendrai un arbitrage en fonction des contraintes financières», a de son côté nuancé Jean-Marc Ayrault. Bref, rien n'est calé et les discussions à l'intérieur du gouvernement n'ont pas non plus débuté.

Smic: pas de fourchette: