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jeudi 7 février 2013

Lebranchu: non à une hausse du salaire des fonctionnaires.

Marylise Lebranchu, jeudi à Paris, lors de la réunion avec les syndicats.
Marylise Lebranchu, jeudi à Paris, lors de la réunion avec les syndicats.


La ministre de la Fonction publique lie la revalorisation du point d'indice au retour de la croissance.


Une douche froide. Jeudi, lors d'une réunion très attendue sur les carrières et les rémunérations, Marylise Lebranchu a annoncé aux syndicats que le point d'indice, qui sert de base à la rémunération des fonctionnaires, serait gelé en 2013. Et ce pour la troisième année consécutive. Une hausse en 2013 n'aurait «pas été compatible avec notre trajectoire de finances ­publiques», a justifié la ministre de la Fonction publique. De fait, une augmentation de 1 % coûte 1,8 milliard par an aux budgets de l'État, des collectivités locales et des hôpitaux. Pour faire passer la pilule, la ministre a promis une augmentation générale lorsque la croissance et la compétitivité ­seront de retour. Bref un report sine die…
Autre déception pour les syndicats, Marylise Lebranchu n'a rien annoncé concernant le jour de carence (non-paiement du premier jour d'arrêt maladie). Le gouvernement est, il est vrai, pris entre deux feux tant cette disposition votée fin 2011 a permis de réduire l'absentéisme dans les trois fonctions publiques. Les organisations syndicales n'ont en fait obtenu satisfaction que sur un point: la fin immédiate des quotas pour l'accès au dernier échelon de la catégorie C (la plus basse). Une mesure qui concernera 126.000 agents et ne coûtera que 16 millions aux contribuables. Pour le reste, la ministre a annoncé, comme prévu, l'ouverture de négociations sur la grille des salaires et les carrières de la fonction publique. Le but: remédier à l'écrasement des rémunérations, alors que 20 % des 5,2 millions de fonctionnaires sont payés à des niveaux proches du smic «Nous parlerons en priorité des catégories C», a souligné Marylise Lebranchu. Le ministère espère aboutir assez vite. Reste que cela nécessite des moyens financiers. «Nous avons divisé par deux les mesures catégorielles (celles liées à une catégorie de personnel) et nous voulons refondre les primes au mérite, ce qui dégage des marges», rétorque un conseiller.

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Pas de riposte unitaire:

Des syndicats débordés par des leaders extrémistes.

Jean-Pierre Mercier (PSA), Mickaël Wamen (Goodyear) et Édouard Martin (ArcelorMittal).
Jean-Pierre Mercier (PSA), Mickaël Wamen (Goodyear) et Édouard Martin (ArcelorMittal).


Trois leaders syndicaux, Jean-Pierre Mercier, Mickaël Wamen et Édouard Martin, monopolisent la parole et donnent de la France l'image d'un pays qui lutte contre la mondialisation, le capitalisme.


Jean-Pierre Mercier, Mickaël Wamen, Édouard Martin… grâce à leur charisme et à leur effet d'entraînement, ces trois leaders syndicaux sont sous les feux des caméras. À eux seuls, ils monopolisent la parole et donnent de la France l'image d'un pays qui lutte contre la mondialisation, le capitalisme… Et ce, avec la bénédiction, plus ou moins voulue, de leur direction confédérale. «Ce sont des fortes personnalités qui tiennent un discours différent, rapporte un expert en relations sociales. Ils sont les seuls à s'exprimer car, bien souvent, les leaders des confédérations n'ont rien à dire, faute d'idées ou de stratégie alternative à opposer.»
C'est notamment le cas aujourd'hui avec la CGT, contente de l'image de combat renvoyée par Jean-Pierre Mercier chez PSA Aulnay et Mickaël Wamen chez Goodyear Amiens. «Leur discours est relayé au plan politique par Lutte ouvrière et le Front de gauche, juge un spécialiste des syndicats. Il permet à Bernard Thibault de présenter à François Hollande l'image d'un syndicat contestataire. Et tant pis si ces leaders conduisent les salariés, dont ils se soucient peu, dans le mur. Ça permet aussi au patron de la CGT de faire oublier quand Xavier Mathieu, le leader des Conti à Clairoix qu'il n'avait pas soutenu, l'avait traité publiquement de racaille et de traître.»

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«Fils spirituel»:

mardi 5 février 2013

Climat social toujours tendu chez PSA et Renault.

Le site de PSA, à Aulnay.Le site de PSA, à Aulnay.


L'usine de PSA à Aulnay est restée quasiment paralysée. Des débrayages ont à nouveau touché Renault.



Le conflit s'enlise dans l'usine de PSA à Aulnay, quasi paralysée depuis le 16 janvier. Alors que la CGT avait à nouveau appelé à la grève, la direction n'a pas démarré la production mardi matin, de façon, a-t-elle précisé, à pouvoir informer les salariés par petits groupes - pour de meilleures conditions de sécurité - sur le plan de restructuration. «Des œufs et des écrous ont été lancés vendredi dernier et lundi sur du personnel encadrant ; de gros pétards éclatent régulièrement», dénonce une porte-parole du site, qui ajoute que «les grévistes (environ 250 personnes) continuent d'intimider les non-grévistes sur la ligne de montage». Quelques voitures ont pu être en partie assemblées dans l'après-midi.

Risque de radicalisation:


À la demande des syndicats CFE-CGC, CFTC, FO et SIA, un comité central d'entreprise va se tenir le 15 février pour permettre à des salariés d'Aulnay d'être transférés avant la fermeture du site - prévue en 2014 - vers l'usine de Poissy. «Il y a des gens qui ne se sentent pas bien à Aulnay. Nous voulons leur donner la possibilité de quitter cette ambiance», explique Franck Don, de la CFTC.

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«Aujourd'hui, on assiste moins à des mouvements sociaux qu'à des implosions ou explosions sociales», a souligné Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, sur BFMTV. Les services de renseignement ont reçu récemment comme instruction de suivre «au plus près» les entreprises en difficulté, afin de prévenir «les risques d'incidents» ou d'éventuelles «menaces sur l'outil de production en cas de radicalisation d'un conflit».

Apple : Foxconn prévoit des élections syndicales libres.

Foxconn compte 1,2 million de salariés, répartis sur 13 usines en Chine (ici à Wuhan)
Foxconn compte 1,2 million de salariés, répartis sur 13 usines en Chine (ici à Wuhan).
 
Le géant taïwanais, connu pour fabriquer l'iPhone et l'iPad d'Apple, veut organiser des élections syndicales démocratiques. Foxconn est régulièrement épinglé pour les conditions de travail de ses salariés.




Les quelques 1,2 million de salariés Chinois de Foxconn vont pouvoir choisir leurs représentants syndicaux lors d'élections ouvertes. Ce sera une première en Chine pour un groupe privé de cette taille. Le principal sous-traitant d'Apple, mais aussi de Samsung, Nokia, Sony ou Dell, veut améliorer son image, jusqu'ici sérieusement ternie.
En 2010, des reportages à l'écho mondial font état d'une vague de suicide parmi les salariés de Foxconn. Depuis, les conditions de travail au sein des treize usines chinoises du groupe taïwanais sont régulièrement dénoncées par des ONG. En cause, des salaires très bas, des horaires de 60 heures par semaine, ou encore des cas d'intoxications d'employés. En octobre dernier encore, un audit interne révélait la présence d'ouvriers âgés de 14 ans dans les usines du groupe, alors que l'âge légal du travail est fixé à 16 ans en Chine. En janvier, entre 300 et 400 salariés de l'usine de Daxing, à Pékin, se sont mis en grève en apprenant que leurs salaires ne seraient pas augmentés en 2013.
Pour contrer les critiques, Apple a commandé l'an dernier un audit indépendant, réalisé dans trois usines par l'organisation américaine Fair Labor Association (FLA). La FLA a notamment préconisé la tenue d'élections syndicales ouvertes, quelle va accompagner. La moitié des représentants syndicaux de Foxconn étaient jusqu'ici des managers, selon le Financial Times.

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Un seul syndicat autorisé:

mardi 22 janvier 2013

Emploi: partenaires sociaux et gouvernement au pied du mur.

La Cour des comptes juge le système de lutte contre le chômage aussi coûteux qu'inefficace. La renégociation des règles d'indemnisation, prévue à la fin de l'année, s'annonce très tendue.

La lutte contre le chômage est à la fois coûteuse et inefficace. Et la France n'a plus les moyens de s'offrir un système cher et inefficace. Voilà à grands traits la conclusion de la Cour des comptes, dans un rapport sur le marché du travail publié ce mardi, qui n'a pas fini de faire des vagues au cours des prochains mois.
Comme souvent, les éléments listés par la Cour sont en réalité tous connus. Mais leur compilation tourne à la démonstration implacable. L'indemnisation chômage et la solidarité nationale (RSA, prime pour l'emploi) s'entremêlent de façon illisible. Seule la moitié des chômeurs touche une indemnité tandis que l'indemnisation des autres est plus généreuse et plus longue que dans la plupart des pays comparables. Les formations ne ciblent pas ceux qui en ont le plus besoin. Les contrats aidés, trop souvent dans le public et pas assez dans les entreprises, débouchent rarement sur un véritable emploi. Le pilotage et le financement des organismes concernés - formation, Pôle emploi, Unedic… - mélangent une multitude d'acteurs, diluant les responsabilités. Cette complexité ralentit le retour des chômeurs vers l'emploi, facteur clé du succès de la lutte contre le chômage et de l'équilibre financier des régimes. La dette cumulée par l'Unedic, justement, n'en finit plus de gonfler.

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Intermittents et cadres supérieurs dans le viseur:

lundi 21 janvier 2013

Renault : l'État gagné par le principe de réalité.

L'exécutif a pris conscience de l'extrême fragilité de certains fleurons industriels et prend des mesures ambitieuses pour enrayer la perte de compétitivité du pays.

En juillet, l'annonce de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay et les 8.500 suppressions de postes avaient provoqué une colère exceptionnelle de la part du gouvernement et du chef de l'État. On se souvient de François Hollande jugeant, le 14 juillet, que la fermeture de ce site était tout simplement inacceptable. Un vrai coup de semonce qui sonnait comme un marqueur du gouvernement en matière de politique industrielle et d'emploi.
Quel contraste, à peine six mois plus tard, avec ce qu'il faut bien appeler l'affaire Renault! Le constructeur, dont l'État détient 15 % du capital, a annoncé la semaine dernière son souhait de supprimer 7.500 postes en France d'ici à fin 2016 dans le cadre de son projet de plan de compétitivité emploi. Une telle initiative avait tout pour provoquer un nouvel accès de fièvre au sein du gouvernement, en particulier de la part du bouillonnant ministre du Redressement productif. Or, Arnaud Montebourg a jugé le projet de Renault acceptable, car conforme à ses exigences: «Premièrement, pas de plan social, pas de licenciement. Cette première ligne rouge est respectée. Deuxièmement, pas de fermetures d'usines, pas de fermetures de sites: la deuxième ligne rouge est respectée.»
Depuis plusieurs jours, les commentaires de tous les représentants du gouvernement s'en tiennent à cette ligne, alors même que la gauche et les syndicats, très remontés, jugent que le projet de Renault n'est pas plus défendable que celui de PSA. À l'heure des comptes, les deux industriels préparent en effet la suppression de près de 17 % de leurs effectifs en France dans les prochaines années, soit plus de 18.000 postes si l'on intègre les départs naturels dans les deux ans qui viennent chez PSA.

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Peu de place à l'ingérence:

jeudi 17 janvier 2013

Des salariés réveillent Thierry Peugeot avec des vuvuzelas.


Des salariés de Peugeot réclament de «véritables négociations» avec la direction.
Des salariés de Peugeot réclament de «véritables négociations» avec la direction.
VIDEO - Une quarantaine de salariés du constructeur automobile ont manifesté tôt ce matin sous les fenêtres du président du conseil de surveillance. Une nouvelle négociation est prévue cet après-midi à Paris.

  Les salariés de Peugeot s'impatientent. À coups de sifflets et de vuvuzelas, plus de 40 employés du constructeur automobile se sont rendus ce matin très tôt devant l'immeuble de Thierry Peugeot, dans le XVIe arrondissement, près du Trocadéro. «Les salariés d'Aulnay veulent réveiller le dialogue social. Nous attendons de véritables négociations. On compte sur vous, M. Peugeot!», s'est exclamée dans le silence du matin Tanja Sussest, déléguée SIA (syndicat maison) d'Aulnay, qui organisait la mobilisation express.

lundi 7 janvier 2013

Emploi : Parisot dénonce «l'ingérence» de l'Etat.

La patronne du Medef, Laurence Parisot.
La patronne du Medef, Laurence Parisot.

 Jusqu'ici «optimiste» sur l'issue de la négociation avec les syndicats, la présidente du Medef se dit désormais «très pessimiste», stigmatisant l'«ingérence» du gouvernement.


A en croire les nouvelles déclarations de la patronne du Medef, un accord sur la réforme du marché du travail n'est plus aussi sûr. Loin de là. «En l'état actuel des discussions, le Medef ne signera pas d'accord». Plutôt «optimiste» vendredi matin au sujet des négociations avec les syndicats sur la réforme du marché du travail , Laurence Parisot se dit désormais «très pessimiste». La raison? «L'ingérence du gouvernement». «Si le gouvernement veut respecter la démocratie sociale, il doit laisser les organisations syndicales et patronales trouver elles-mêmes un compromis», a-t-elle affirmé sur Radio Classique.

«Ils négocient, c'est leur responsabilité, je les laisse négocier»:

lundi 28 mai 2012

Plans sociaux : 45.000 emplois seraient menacés .

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.


 2012 risque d'être une nouvelle année difficile pour les entreprises petites et moyennes. La CGT remet mardi au premier ministre une liste de 46 entreprises en difficultés.



Alors qu'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a annoncé samedi qu'il allait présenter dans les prochaines semaines au premier ministre Jean-Marc Ayrault un «plan de reconquête industrielle», la CGT a décidé de remettre mardi, à ce dernier, une liste de 46 entreprises supprimant des postes ou en difficultés employant au total près de 45.000 personnes. Le syndicat adressera ensuite cette liste ainsi que ses propositions pour l'emploi au ministre du Redressement productif. La CGT demande notamment de multiplier par cinq le financement du chômage partiel et de renforcer les droits des salariés dans les conseils d'administration.
La liste comprend des entreprises comme PSA, Petroplus, Carrefour, Arcelor, E.ON France mais aussi des PME. «Elle n'est pas exhaustive», a précisé Mohammed Oussedik, en charge de l'industrie à la CGT.
2012 risque d'être une nouvelle année difficile pour les entreprises. L'assureur-crédit Euler Hermes table sur 63.500 défaillances. Soit une progression de 3 % par rapport à 2011. Les deux premiers mois de 2012 ont été la période la plus sinistrée depuis 1993. Les entreprises petites et moyennes souffrent.
Selon un récent sondage Ifop pour Fiducial, plus d'une société sur quatre employant moins de 19 salariés estime être dans une situation préoccupante. Les petits patrons sont également plus nombreux à constater un durcissement de l'attitude des banques.

samedi 19 mai 2012

Retraite : Touraine lâche du lest aux syndicats.


La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, en discussion avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 17 mai, à l 'Élysée.
La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, en discussion avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 17 mai, à l 'Élysée.
 
 
 La ministre des Affaires sociales a indiqué que les congés maternité seraient comptabilisés dans les 41 annuités de cotisation requises pour un départ à la retraite à 60 ans. Le décret en fixant les modalités sera publié avant l'été.
 
Les choses se décantent, un peu, sur les premières mesures sociales que doit prendre le gouvernement. Le décret fixant les modalités d'un retour partiel à la retraite à 60 ans pour les salariés «qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ont cotisé pendant 41 ans» sera publié «fin juin, début juillet au plus tard», a annoncé Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé. «C'est une mesure prioritaire, de justice», a-t-elle insisté à la veille de l'ouverture de la consultation avec les partenaires sociaux que lui a demandé de lancer Jean-Marc Ayrault sur le sujet.
Le premier ministre a de son côté précisé qu'il y aurait des marges de manœuvre sur les modalités de départ partiel à 60 ans. Pour l'heure, seuls les salariés ayant effectivement cotisé 41 annuités sont concernés. Ceux qui atteignent cette durée grâce à des bonifications au titre du service militaire, de période de chômage, de maternité ou d'arrêts maladie ne le sont pas. Enfin, pas encore…
Car devant la grogne croissante des syndicats qui mettent la pression afin d'élargir le périmètre des bénéficiaires, Marisol Touraine a déjà commencé à lâcher du lest. «Les congés maternité ou de service militaire seront comptabilisés», a pour la première fois reconnu la ministre, qui est cependant restée assez floue sur les périodes de maladie et de chômage qui - c'est justement l'objet des discussions avec les partenaires sociaux - pourront être «intégrées sous certaines limites». La ministre s'est bornée à rappeler l'objectif par an de ce retour à la retraite à 60 ans (150.000 bénéficiaires) et son coût (1  milliard d'euros). «Je rendrai un arbitrage en fonction des contraintes financières», a de son côté nuancé Jean-Marc Ayrault. Bref, rien n'est calé et les discussions à l'intérieur du gouvernement n'ont pas non plus débuté.

Smic: pas de fourchette:

lundi 7 mai 2012

Le dialogue social érigé en principe absolu.

Les leaders des principales organisations syndicales, François Chérèque (CFDT), Bernard Van Craeynest (CFE-CGC), Jean-Claude Mailly (FO), Jacques Voisin (alors président de la CFTC) et Bernard Thibault (CGT), à la sortie de l'Élysée en 2008.
Les leaders des principales organisations syndicales, François Chérèque (CFDT), Bernard Van Craeynest (CFE-CGC), Jean-Claude Mailly (FO), Jacques Voisin (alors président de la CFTC) et Bernard Thibault (CGT), à la sortie de l'Élysée en 2008.


 CGT et CFDT sont bienveillantes à l'égard de Hollande, mais assurent qu'il ne profitera d'aucun état de grâce.

Le nouveau chef de l'État a fait de la concertation avec les partenaires sociaux la pierre angulaire des réformes de son quinquennat. Tout comme la méthode de son mandat. Une conviction réelle, sans doute. Une façon, aussi, de se démarquer de son prédécesseur qui n'a cessé de vilipender les syndicats pendant la campagne. Un moyen, surtout, de donner corps à sa promesse d'être un président «rassembleur», maintes fois proclamée. Au risque de se montrer souvent imprécis, voire muet, sur les questions à trancher.
De fait, pas une disposition ne sera prise sans demander leur avis aux syndicats et au patronat, même concernant les sujets sur lesquels leurs chances de s'entendre sont plus que minces: mise en œuvre du contrat de génération, modification des modalités de fixation du smic, «nouvelle réforme» des retraites, transfert éventuel du financement de la Sécu vers d'autres assiettes que le travail, modulation des cotisations chômage, sécurisation des parcours professionnels, renforcement des droits des salariés, encadrement des dépassements d'honoraires… François Hollande a notamment promis de réunir syndicats et patronat dès la mi-juillet pour convenir avec eux des priorités économiques et sociales du quinquennat.

Le souvenir douloureux des 35 heures:

Retraites : un retour partiel aux 60 ans.

En 2010, les syndicats, appuyés par la gauche, ont mobilisé contre la réforme Woerth des retraites.
En 2010, les syndicats, appuyés par la gauche, ont mobilisé contre la réforme Woerth des retraites.


 François Hollande ouvrira au second semestre une négociation avec les partenaires sociaux.





Une mesure d'urgence, puis un grand débat. Voilà le projet du nouveau président en matière de retraite. Le changement immédiat, présenté pendant la campagne comme un correctif à la réforme Woerth au nom de la justice sociale, consistera à permettre aux personnes ayant cotisé 41 ans de toucher une pension dès 60 ans - une extension du dispositif «carrières longues» de François Fillon (2003).
Pour en bénéficier, il faudra avoir travaillé sans interruption dès 19 ans. Les trimestres «validés» sans avoir été cotisés (chômage, congé parental...) ne compteront pas dans le calcul des 41 ans. L'entourage du candidat Hollande a néanmoins estimé que 150.000 personnes par an profiteraient du dispositif, sur environ 600.000 nouveaux retraités. D'un coût croissant au fil des ans (5 milliards en 2017), il sera financé par une hausse progressive d'un point des cotisations retraite, partagée entre salariés et entreprises.
Mais il s'agit d'une simple dérogation à l'âge légal - porté peu à peu à 62 ans -, pas d'une abrogation de la loi Woerth. Et la durée de cotisation pour une pension à taux plein devrait continuer à croître avec l'espérance de vie. François Hollande s'est bien gardé de promettre une remise à plat aux contours définis. Le nouveau chef de l'État compte ouvrir une négociation avec syndicats et patronat au second semestre, au cours de laquelle tous les sujets seront mis sur la table: âge, durée, financement, système par points…

mardi 1 mai 2012

La Fête du travail a rarement été une journée apolitique.

Le cortège du 1er Mai à Lyon en 2011.
Le cortège du 1er Mai à Lyon en 2011.


 C'est à Paris en 1889, lors de la réunion de la IIe Internationale socialiste, que la date du 1er mai fut retenue pour célébrer la Fête du travail.




Qu'il est faux de croire que les 1er Mai sont, «par tradition», apolitiques en France! Depuis la première célébration de la Fête du travail en 1891 dans l'Hexagone - qui se solda par une fusillade faisant 9 victimes à Fourmies (Nord) -, les manifestations ont toujours été exploitées politiquement. Notamment par la gauche, qui y a longtemps trouvé le moyen de combattre le «grand capital». C'est à Paris en 1889, lors de la réunion de la IIe Internationale socialiste, que la date du 1er mai fut retenue pour célébrer la Fête du travail. L'idée émanait de Raymond Lavigne, un élu socialiste bordelais. Autre collusion, le maréchal Pétain décréta en 1941 le 1er mai journée fériée de «Fête du travail et de la concorde nationale» sur proposition de René Belin, un ex-dirigeant de l'aile communiste de la CGT devenu ministre du Travail.
Depuis dix ans, il ne s'est pas passé une occasion sans que la gauche appelle ses militants à gonfler les cortèges syndicaux pour protester contre la politique de droite. En 2003, pour s'opposer à la réforme Fillon des retraites, en 2008 pour la première année de Nicolas Sarkozy à l'Élysée, en 2009 contre la réponse à la crise…

Entre les deux tours:

1er Mai sous tension entre l'UMP et les syndicats.

Alors que le secrétaire général de la CGT appelle à voter Hollande, Nicolas Sarkozy et l'UMP dénoncent «une privatisation du débat par les corps intermédiaires» et évoquent le référendum pour les contourner.


Des milliers de manifestants défilent contre l'austérité .

Des milliers de personnes ont commencé à défiler mardi à travers toute la France pour dire non à l'austérité imposée selon eux par l'Union européenne.
Des milliers de personnes ont commencé à défiler mardi à travers toute la France pour dire non à l'austérité imposée selon eux par l'Union européenne.


 Près de 290 cortèges, selon la CGT, devraient défiler dans toute la France aujourd'hui.



Des milliers de personnes ont commencé à défiler mardi à travers toute la France pour dire non à l'austérité imposée selon eux par l'Union européenne et réclamer une véritable politique de croissance à cinq jours du second tour de la présidentielle.
Près de 290 cortèges sont annoncés par la CGT, dont l'un dans l'après-midi à Paris, où les marcheurs auront été précédés par une manifestation du Front national et où ils défileront pendant un meeting politique organisé par le président sortant.
L'intersyndicale (CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa) promet qu'il n'y aura pas de message politique sur les banderoles des défilés du 1er Mai, mais la CGT, à la différence des autres organisations, a appelé à «battre Nicolas Sarkozy».
À Marseille, environ 20.000 personnes, selon les syndicats, ont manifesté pour un défilé plus social que politique. «Cela lui donne un parfum particulier, mais nous ne mettons pas pour autant nos exigences revendicatives dans la poche», a affirmé la déléguée départementale de la CGT, Mireille Chessa. La banderole de tête derrière laquelle tous les syndicats, à l'exception de FO, ont défilé, résumait cet état d'esprit. «Contre les politiques d'austérité, travailleurs unis, pour le progrès social», pouvait-on y lire. Les salariés de Fralib, qui depuis presque deux ans s'opposent à la fermeture du dernier site en France à fabriquer les tisanes L'Éléphant, ont ouvert le cortège.
À Bordeaux, plus de douze mille personnes ont arpenté les rues de la ville. Une participation beaucoup plus importante qu'il y a un an, selon les organisateurs. «Nous estimons la participation à 15.000 personnes», s'est félicitée au nom de l'intersyndicale Cathy Sargenton, porte-parole de la CGT Gironde. Selon elle, à peine 3.000 personnes s'étaient mobilisées lors du 1er mai 2011.
Entre 10.000 et 40.000 manifestants, selon la police ou les organisateurs, ont défilé dans les rues de Toulouse, où les slogans hostiles au président sortant n'ont pas manqué. La banderole de tête, siglée CGT, CFDT, FSU et Unsa, faisait état des thèmes traditionnels du syndicalisme comme la défense des salaires, de l'emploi ou du service public, mais les slogans plus politiques ont aussi fusé. Les syndicats ont très fortement mobilisé à Rennes. La CGT a annoncé la présence de 10.000 personnes quand elle n'en avait comptabilisé que 1250 l'an dernier. La préfecture a fait état d'un chiffre provisoire de 6000 manifestants. Si la banderole de tête de l'intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires s'en tenait à des revendications sociales sur l'emploi, les retraites, le pouvoir d'achat et la lutte «contre toutes les discriminations», l'ambiance derrière était nettement plus politique.

Hollande à Nevers pour rendre hommage à Bérégovoy:

jeudi 5 avril 2012

La guerre des chefs est déclarée à la CGT.


Eric Aubin ( à gauche) le patron de la fédération de la Construction et Monsieur Retraites de la centrale, est aujourd'hui le mieux placé en interne pour le remplacer
Eric Aubin ( à gauche) le patron de la fédération de la Construction et Monsieur Retraites de la centrale, est aujourd'hui le mieux placé en interne pour le remplacer.
 
 Bernard Thibault s'oppose toujours à ce qu'Éric Aubin, soutenu par les grosses fédérations de l'organisation, le remplace et pousse le nom de l'une de ses proches, Agnès Naton.

Scène de guérilla à la CGT. Mardi matin, Bernard Thibault a modifié l'ordre du jour de la commission exécutive confédérale - le gouvernement de l'organisation - pour aborder le délicat sujet de sa succession, programmée en 2013. Selon plusieurs sources, l'actuel secrétaire général s'en est violemment pris à Éric Aubin, le patron de la fédération de la Construction et monsieur Retraites de la centrale, aujourd'hui le mieux placé en interne pour le remplacer. Il lui a notamment reproché de s'être «déclaré disponible pour l'organisation» - comprenez, pour le remplacer -, ce qui pourrait «mettre en péril la CGT». La tradition veut en effet que ce soit le secrétaire général sortant qui propose le nom de son successeur et non les candidats potentiels qui se déclarent. Les membres du bureau, totalement assujettis à Bernard Thibault, ont enfoncé le clou en comparant la situation actuelle à celle de 1946 lorsque FO avait décidé de faire scission… Ambiance.

Le ministère du Travail attaqué par des hackers.

Une intrusion informatique dans les serveurs qui collectent les procès-verbaux des élections professionnelles a eu lieu en février. Des millions de données publiques ont été copiées. Le ministère du Travail affirme que les fichiers récupérés sont inexploitables.


Un scénario digne d'un film de série B! Fin février, le ministère du Travail a fait l'objet d'une attaque en règle de hackers sur le site Internet qui recense l'ensemble des procès-verbaux des élections professionnelles et qui doit servir, en 2013, à mesurer la représentativité des différentes centrales syndicales. Impossible pour l'instant de savoir qui est à l'origine de cette intrusion informatique de grande ampleur dans des serveurs informatiques publics normalement ultraprotégés. «On sait juste que l'attaque est venu de cybercafés», rapporte un syndicaliste.
«Les serveurs de départ sont publics et il est impossible de remonter la trace des auteurs de cette intrusion, confirme Jean-Denis Combrexelle, le directeur général du Travail qui va porter plainte. Je prends cette affaire très au sérieux. Cela démontre que notre système intéresse et il faut être plus vigilant.» Le DGT a d'ailleurs demandé un renforcement de la sécurité du site hébergé par un prestataire de service, Extalia. «Cela démontre que ce système n'est pas assez protégé, s'insurge Joseph Thouvenel, le vice-président de la CFTC. Il est plus opaque pour les acteurs que pour les hackers.»

mercredi 20 juillet 2011

Grève : la fausse bonne idée du député Luca.

Le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca a de la suite dans les idées, ou l'art de faire parler de lui, au choix. Le chantre de la Droite Populaire vient d'exhumer l'une de ses vieilles propositions de loi, déposée à l'Assemblée nationale le 14 février 2008, "visant à garantir la continuité du service public dans les transports de voyageurs durant les périodes de congés et d'affluence massive." Selon lui, "force est de constater que trop souvent les mouvements de grève sont déclenchés à la veille des départs en vacances ou au retour, provoquant ainsi de graves perturbations qui ont des conséquences pour la vie des familles mais aussi pour le tourisme national et international." Le bras droit de Thierry Mariani, le ministre des Transports (le hasard fait bien les choses, non ?), a décidé de ressortir des cartons sa PPL suite aux dépôts de préavis de grève par les hôtesses, stewards et pilotes d'Air France entre le 29 juillet et le 8 août, soit en plein pendant le chassé-croisé des vacances d'été.Sa proposition se justifie aisément sur le plan moral. Il est en effet inadmissible, n'en déplaisent aux syndicats, que quelques corporations puissent "prendre en otage" des centaines de milliers de familles au moment même où celles-ci voyagent en masse pour leurs congés. Et ce d'autant plus que la loi sur le service garanti, portée en 2007 par Xavier Bertrand, ne concerne que les transports de voyageurs ferroviaires. Soit les trains et non les avions ou les bateaux. Une réalité déjà critiquée par "Les dessous du social" dans un précédent billet...Il n'empêche, la morale n'est pas forcément synonyme de légalité. Et cette PPL, si justifiée soit-elle, n'a pas plus de chances de passer aujourd'hui qu'il y a 3 ans. Pour une raison simple : elle est anticonstitutionnelle. Interdire les grèves pendant les périodes de congés reviendrait à rendre obligatoire le droit de réquisitions de salariés en cas de conflit, ce qui est interdit par la Constitution au regard du droit de grève. On peut le regretter, mais c'est comme cela. Et c'est l'une des raisons qui avait conduit l'exécutif en 2007 à passer d'un projet de service minimum dans les transports ferroviaires à une loi sur le service garanti. La nuance peut être difficile à comprendre, surtout quand on se retrouve bloqué en famille sur le quai d'une gare faute de trains, mais elle est tenace. Sauf à changer la constitution sur ce point - ce qui me semble hautement improbable avant l'élection présidentielle -, la PPL de Lionnel Luca risque donc de retourner aussi vite qu'elle en a été exhumée dans les cartons de l'Assemblée nationale. De là à penser que le député a voulu se faire un coup de pub de plus, je vous laisse juge.