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jeudi 10 janvier 2013

La Cour des comptes exhorte l'État à réduire les dépenses.

Jean-Marc Ayrault et Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, jeudi à Paris.
Jean-Marc Ayrault et Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, jeudi à Paris.

Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, estime que la France n'a plus de marges de manœuvre sur la fiscalité. Il appelle à tailler dans les dépenses publiques.


 
Les dirigeants politiques français doivent rompre avec leur habitude d'alourdir sans cesse la charge portée par le contribuable et enfin s'attaquer à la réduction des dépenses publiques: tel est le message qu'a martelé jeudi Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, lors de l'audience solennelle de rentrée de l'institution. Un message qui a d'autant plus de portée qu'il a été présenté devant Jean-Marc Ayrault et plusieurs membres du gouvernement, dont Pierre Moscovici, ministre de l'Économie, et Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget.
Didier Migaud l'a concédé, «l'effort de maîtrise des dépenses impose à notre pays un changement culturel important». Mais inévitable. Car pour redresser ses comptes publics, objectif que la Cour juge indispensable, la France ne peut plus jouer sur le levier fiscal. Pourquoi? Parce que les prélèvements sont déjà élevés, parce que la concurrence fiscale est vive en Europe, parce que la France souffre d'un déficit de compétitivité, estime le premier président, ancien élu PS. En augmentant massivement les impôts - de 65 milliards entre 2011 et 2013! -, les gouvernements Fillon puis Ayrault ont grillé les dernières cartouches.
«La France va devoir, dans les années qui viennent, consentir à un freinage sans précédent de la dépense publique», en conclut Didier Migaud. Qui fait des préconisations précises: les dépenses ne devront plus progresser plus vite que l'inflation (quasi-stabilité en volume).

samedi 19 mai 2012

Retraite : Touraine lâche du lest aux syndicats.


La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, en discussion avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 17 mai, à l 'Élysée.
La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, en discussion avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 17 mai, à l 'Élysée.
 
 
 La ministre des Affaires sociales a indiqué que les congés maternité seraient comptabilisés dans les 41 annuités de cotisation requises pour un départ à la retraite à 60 ans. Le décret en fixant les modalités sera publié avant l'été.
 
Les choses se décantent, un peu, sur les premières mesures sociales que doit prendre le gouvernement. Le décret fixant les modalités d'un retour partiel à la retraite à 60 ans pour les salariés «qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ont cotisé pendant 41 ans» sera publié «fin juin, début juillet au plus tard», a annoncé Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé. «C'est une mesure prioritaire, de justice», a-t-elle insisté à la veille de l'ouverture de la consultation avec les partenaires sociaux que lui a demandé de lancer Jean-Marc Ayrault sur le sujet.
Le premier ministre a de son côté précisé qu'il y aurait des marges de manœuvre sur les modalités de départ partiel à 60 ans. Pour l'heure, seuls les salariés ayant effectivement cotisé 41 annuités sont concernés. Ceux qui atteignent cette durée grâce à des bonifications au titre du service militaire, de période de chômage, de maternité ou d'arrêts maladie ne le sont pas. Enfin, pas encore…
Car devant la grogne croissante des syndicats qui mettent la pression afin d'élargir le périmètre des bénéficiaires, Marisol Touraine a déjà commencé à lâcher du lest. «Les congés maternité ou de service militaire seront comptabilisés», a pour la première fois reconnu la ministre, qui est cependant restée assez floue sur les périodes de maladie et de chômage qui - c'est justement l'objet des discussions avec les partenaires sociaux - pourront être «intégrées sous certaines limites». La ministre s'est bornée à rappeler l'objectif par an de ce retour à la retraite à 60 ans (150.000 bénéficiaires) et son coût (1  milliard d'euros). «Je rendrai un arbitrage en fonction des contraintes financières», a de son côté nuancé Jean-Marc Ayrault. Bref, rien n'est calé et les discussions à l'intérieur du gouvernement n'ont pas non plus débuté.

Smic: pas de fourchette:

jeudi 17 mai 2012

Le salaire des ministres sera réduit de 30%.

Invité sur France 2 mercredi soir, le nouveau premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé que l'engagement de François Hollande de baisser de 30% le salaire des ministres serait la première mesure de son gouvernement.
Invité sur France 2 mercredi soir, le nouveau premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé que l'engagement de François Hollande de baisser de 30% le salaire des ministres serait la première mesure de son gouvernement.


 Cette mesure marque la plus forte baisse des rémunérations des membres de gouvernement en Europe.

«Si je suis élu, je ne gèlerai pas, mais je baisserai le salaire du président et des ministres de 30%.» Dès novembre 2011, François Hollande avait fait cette promesse de campagne très symbolique, alors que Nicolas Sarkozy avait marqué les esprits en augmentant de 172% son salaire net (de 7084 à 19.331 euros) en arrivant à l'Élysée. Invité sur France 2 mercredi soir, le nouveau premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé que cet engagement serait la première mesure de son gouvernement. À peine installé à Matignon, il compte proposer une baisse de 30% du salaire des membres du gouvernement dès le premier Conseil des ministres, ce jeudi après-midi. «C'est l'exemplarité», a-t-il expliqué. Cette mesure fera l'objet d'un décret, a-t-il précisé.
Le traitement mensuel brut des ministres reviendra donc de 14.200 euros par mois, à 9940 euros. Celui du premier ministre sera également rogné, de 21.200 euros brut à 14.840 euros. Tout comme, enfin, la rémunération du président de la République. Un coup de rabot qui aura une conséquence surprenante. Les ex-ministres continueront à gagner plus que leurs successeurs pendant encore six mois. En effet, chaque membre de l'équipe de François Fillon conservera son salaire pendant cette période. Un privilège accordé à tous les anciens ministres, qui perdent toutefois théoriquement leurs autres avantages.

Plus forte baisse en Europe: