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lundi 21 janvier 2013

Renault : l'État gagné par le principe de réalité.

L'exécutif a pris conscience de l'extrême fragilité de certains fleurons industriels et prend des mesures ambitieuses pour enrayer la perte de compétitivité du pays.

En juillet, l'annonce de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay et les 8.500 suppressions de postes avaient provoqué une colère exceptionnelle de la part du gouvernement et du chef de l'État. On se souvient de François Hollande jugeant, le 14 juillet, que la fermeture de ce site était tout simplement inacceptable. Un vrai coup de semonce qui sonnait comme un marqueur du gouvernement en matière de politique industrielle et d'emploi.
Quel contraste, à peine six mois plus tard, avec ce qu'il faut bien appeler l'affaire Renault! Le constructeur, dont l'État détient 15 % du capital, a annoncé la semaine dernière son souhait de supprimer 7.500 postes en France d'ici à fin 2016 dans le cadre de son projet de plan de compétitivité emploi. Une telle initiative avait tout pour provoquer un nouvel accès de fièvre au sein du gouvernement, en particulier de la part du bouillonnant ministre du Redressement productif. Or, Arnaud Montebourg a jugé le projet de Renault acceptable, car conforme à ses exigences: «Premièrement, pas de plan social, pas de licenciement. Cette première ligne rouge est respectée. Deuxièmement, pas de fermetures d'usines, pas de fermetures de sites: la deuxième ligne rouge est respectée.»
Depuis plusieurs jours, les commentaires de tous les représentants du gouvernement s'en tiennent à cette ligne, alors même que la gauche et les syndicats, très remontés, jugent que le projet de Renault n'est pas plus défendable que celui de PSA. À l'heure des comptes, les deux industriels préparent en effet la suppression de près de 17 % de leurs effectifs en France dans les prochaines années, soit plus de 18.000 postes si l'on intègre les départs naturels dans les deux ans qui viennent chez PSA.

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Peu de place à l'ingérence:

Renault : Ghosn attaqué, Ayrault à la rescousse.

Carlos Ghosn, PDG de l'alliance Renault-Nissan.
Carlos Ghosn, PDG de l'alliance Renault-Nissan.

Alors que le groupe va supprimer 7500 postes, le leader de la CFDT, Laurent Berger, estime que son patron privilégie Nissan.


La critique est récurrente depuis quelques années. Alors que la direction de Renault prévoit de supprimer 7500 emplois en France d'ici à 2016, c'est cette fois Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, qui a accusé lundi Carlos Ghosn, PDG de Renault et de Nissan, de privilégier le constructeur japonais par rapport à son allié français.
Le leader syndical remet même en cause la légitimité du double patron à la tête du groupe au losange. «Il faut s'interroger sur la possibilité pour Renault d'avoir un PDG qui soit plus performant dans la stratégie de Renault», sur laquelle il y a «un vrai problème», a-t-il ajouté.


Selon Laurent Berger, Carlos Ghosn, «quasiment inaccessible», «aurait plutôt tendance» à avantager Nissan, détenu à 43,4% par le groupe français. En conclusion, il appelle l'État, actionnaire à 15%, à «prendre ses responsabilités sur le dossier de Renault».

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samedi 9 juin 2012

Impôts : ce que la gauche mijote.


François Hollande et Jean-Marc Ayrault veulent faire de leur réforme fiscale le symbole du quinquennat.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault veulent faire de leur réforme fiscale le symbole du quinquennat.
 
 
 Martine Aubry a prévenu : les hausses d'impôts que prépare le gouvernement seront «énormes». Épargne, patrimoines et hauts revenus devraient donc fournir l'essentiel de l'effort d'assainissement des finances publiques. Voici le détail de la facture.
 
Un vrai coup de massue. Si la gauche gagne les législatives, elle déclinera le programme fiscal défendu par François Hollande pendant la campagne présidentielle. Un programme qui prévoit pas moins de 11,8 milliards d'euros de hausses d'impôts pour les ménages! Pour redresser les comptes publics, le PS préfère utiliser d'abord l'arme fiscale. Les économies dans les dépenses ne sont pas absentes de sa feuille de route, mais elles sont modestes et peu précises. En cela, François Hollande ne se démarque pas de la politique traditionnelle de la gauche française. Le théorème est le suivant: les coupes dans les dépenses sont censées pénaliser davantage les Français les plus fragiles, tandis que les hausses de prélèvements, telles que calibrée s par le PS, pèseraient sur les plus aisés.
François Hollande fait passer la pilule des taxes supplémentaires en parlant de «réforme fiscale», au service de la justice. Pourtant, ailleurs en Europe, des dirigeants de gauche n'ont pas hésité à faire l'inverse, en taillant dans les charges publiques et en réformant le système social. Le chancelier Gerhard Schröder, qui a redressé la compétitivité de l'Allemagne, était social-démocrate. En France même, Didier Migaud, ancien élu PS et premier président de la Cour des comptes, prône une action vigoureuse sur les dépenses. L'Inspection générale des finances - l'élite des hauts fonctionnaires de Bercy - vient de publier un rapport sans appel: 3,9 milliards d'euros de coupes dans les dépenses sont nécessaires chaque année pour atteindre l'équilibre des comptes promis à la Commission de Bruxelles, qui a fait de l'assainissement des finances publiques des États membres son cheval de bataille.

mercredi 6 juin 2012

Retraite : les nouvelles règles appliquées le 1er novembre.


C'était l'une des promesses du candidat François Hollande et une première brèche dans la réforme de 2010.
C'était l'une des promesses du candidat François Hollande et une première brèche dans la réforme de 2010.
 
 
 Le décret qui permet un retour partiel à la retraite à 60 ans pour les carrières longues a été présenté en Conseil des ministres. Il prévoit un coup de pouce pour les mères de trois enfants et les chômeurs seniors.
 
C'était l'une des promesses du candidat François Hollande et une première brèche dans la réforme de 2010. Le gouvernement a présenté ce mercredi en Conseil des ministres son décret sur le retour partiel de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt. Il devrait entrer en application dès le 1er novembre prochain. Le texte étend le dispositif «carrières longues», qui était initialement réservé aux personnes ayant commencé à travailler à 17 ans, à ceux ayant commencé à 18 ou 19 ans. Les salariés concernés devront néanmoins avoir suffisamment cotisé, c'est-à-dire 166 trimestres, soient 41,5 ans, pour les personnes nées en 1955 et après.
La comptabilisation des trimestres de cotisation a également été modifiée. Jusqu'ici, seuls les trimestres effectivement cotisés durant l'exercice d'une activité salariée étaient pris en compte. Seules exceptions: la durée du service militaire et des arrêts maladie-maternité qui pouvaient être pris en compte dans la limite de quatre trimestres. Deux aménagements sont désormais prévus. Les seniors chômeurs de longue durée pourront bénéficier de la prise en compte de deux trimestres au titre du chômage pour partir en retraite anticipée. Les femmes, mères de trois enfants ou plus, ou qui ont connu des arrêts maladie de longue durée, pourront se voir comptabiliser deux trimestres supplémentaires. Ces mesures bénéficieront aussi bien aux salariés ayant commencé à 17 ans ou avant, qu'aux nouveaux bénéficiaires, les «18 ou 19 ans». Les assurés pourront déposer leur demande dès la publication du décret, au cours de l'été.

Un coût de 3 milliards d'euros par an dès 2017:

mardi 22 mai 2012

Économie, social : premiers frottements entre ministères.

Les ministres dont certaines compétences se recoupent bataillent pour délimiter leur territoire.


Qui a la main sur quoi? Les décrets d'attribution détaillant le périmètre exact de chaque ministre seront discutés ce mercredi en Conseil des ministres, annonce Matignon. Derrière leur aspect très juridico-administratif, ces textes sont hautement politiques, puisque le champ d'action détermine le poids d'un ministre et sa visibilité médiatique potentielle. Dans la sphère économique et sociale, les risques de tiraillements sont nombreux. Les comptes de la Sécu pourraient être partagés entre deux ministres. Le ministère du Budget n'a plus la main sur la réforme de l'État. L'énergie est sortie du giron de Bercy . État des lieux des zones de tensions potentielles.
• Quand Montebourg reçoit les syndicats… et le fait savoir
• Les syndicats déjà au cœur des enjeux
• L'énergie, entre écologie et industrie
• Bataille autour de la Sécu
• Bercy n'a plus la tutelle sur la réforme de l'État


Quand Montebourg reçoit les syndicats… et le fait savoir:


 
Il est 9 h 35, ce lundi matin, quand les services d'Arnaud Montebourg envoient un communiqué annonçant que le nouveau ministre du Redressement productif va recevoir un quatuor de représentants des syndicats et du patronat dans la journée. Défileront ainsi dans son bureau, au 3e étage du paquebot Bercy, Jean-François Roubaud (CGPME), Jean-Claude Mailly (FO), François Chérèque (CFDT), Laurence Parisot (Medef) et Mohammed Oussedik (CGT).
Marquer très vite son territoire et montrer sa réactivité face à la vague de plans sociaux qui vont déferler. Donner l'image d'un ministre soucieux d'engager une politique industrielle ambitieuse et commencer sans tarder à discuter avec les syndicats: voilà le message qu'Arnaud Montebourg voulait envoyer à l'opinion en recevant les partenaires sociaux le lundi de son installation.
Griller la politesse à Jean-Marc Ayrault:
Et qu'importe s'il a grillé la politesse à… Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, qui mènera dans les prochains jours des consultations officielles avec les leaders syndicaux et patronaux. Ou s'il marche sur les plates-bandes de ses collègues chargés des questions sociales (Michel Sapin, Marisol Touraine…) qui, s'ils ont pris des contacts informels, accordaient la préséance au premier ministre avant de recevoir plus officiellement leurs interlocuteurs.
«C'est bizarre, on ne se bat pas généralement pour récupérer les dossiers explosifs», s'amuse un ministre. Dans l'entourage d'Arnaud Montebourg, on donne une explication bien plus terre à terre: «Il n'y a pas eu de passation jeudi avec le ministre de l'Industrie Éric Besson (qui était parti en vacances, NDLR), nous n'avons récupéré que des dossiers incomplets et il y avait une forme d'urgence à aller chercher l'information là où elle est.» Le ministre veut travailler «en toute transparence», rassure-t-on dans son entourage. Il s'agissait aussi, selon Bercy, «d'un premier échange sur l'état de l'appareil productif français».
Fralib, Petroplus, ArcelorMittal ou Peugeot-Aulnay seront des dossiers à prendre en main très rapidement. La semaine dernière, Arnaud Montebourg avait indiqué vouloir faire de son ministère celui de la «reconquête» des emplois industriels détruits.
Plutôt que de prendre publiquement la mouche, Matignon préfère minimiser, reléguant l'initiative de Montebourg à des «rencontres informelles».



Les syndicats déjà au cœur des enjeux: