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mardi 29 janvier 2013

L'Allemagne redémarre les centrales à gaz à cause du vent.

Suite aux fortes rafales de vent, les moulins à vent et les éoliennes terrestres risquaient de produire du courant en trop grande quantité par rapport à la capacité d'absorption du réseau électrique.

C'est tout le paradoxe du système énergétique allemand en pleine transition. Alors que de fortes rafales de vent étaient annoncées mardi outre-Rhin et que les éoliennes s'apprêtaient à tourner à plein régime, les Allemands ont dû redémarrer des centrales à gaz, émettrices de dioxyde de carbone (CO2). Pis, c'est précisément à cause du vent que les quatre opérateurs de réseau électrique en Allemagne ont fait appel, pour la première fois cet hiver, à des turbines à gaz mises en réserve.
Explication: les 68 puissants moulins à vent érigés en mer du Nord plus les centaines d'éoliennes terrestres concentrées dans le nord du pays risquaient de produire du courant en trop grande quantité par rapport à la capacité d'absorption du réseau électrique. Depuis la décision prise par Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima en 2011 de faire sortir son pays du nucléaire d'ici à 2022 et de développer massivement les énergies renouvelables, le sous-dimensionnement du réseau à haute tension était identifié comme l'un des talons d'Achille du système électrique allemand. Il n'est tout simplement pas capable d'acheminer tous les électrons produits dans le Nord vers les consommateurs du sud du pays, où plusieurs réacteurs nucléaires sont déjà fermés. Le réseau risque la saturation et les pannes.
C'est pour éviter ce scénario catastrophe en plein hiver que le gouvernement a décidé de mettre en réserve des capacités de production. Ces centrales à gaz, dont certaines se trouvent en Autriche, avaient déjà été mobilisées au cours de l'hiver dernier.

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lundi 14 janvier 2013

Marché du travail: l'accord salué par la presse étrangère.

Pour le <i>Wall Street Journal</i>, «les employeurs français gagnent une nouvelle flexibilité du travail».
Pour le Wall Street Journal, «les employeurs français gagnent une nouvelle flexibilité du travail».
 
Le Spiegel y voit une première étape vers un «Agenda 2020» sur le modèle des réformes Schröder en Allemagne, alors que Financial Times parle de mesures de «flexisécurité à l'Allemande».
 
 
La presse britannique et américaine, tout comme les grands journaux d'outre Rhin qui n'avaient pas ménagé leurs critiques vis à vis de l'immobilisme social et économique des Français, ne cachent pas leur satisfaction. «La France commence ses réformes structurelles», titre sur son site internet le Handelsblatt, le quotidien allemand de l'économie.
Le Wall Street Journal, son homologue américain, n'hésite pas à prendre le point de vue des entreprises: «les employeurs français gagnent une nouvelle flexibilité du travail». Le Financial Times considère pour sa part que «l'accord» conclu dans la nuit de vendredi à samedi constitue une «percée» de nature à apporter «un soutien aux efforts du Président François Hollande pour revitaliser une économie à la peine».
Le journal de la City à Londres insiste tout particulièrement sur les nouvelles règles en matière de gestion des effectifs: «l'élément clé de l'accord (entre les syndicats et le patronat) est de s'être entendu sur une «flexibilité à l'allemande», qui va donner plus de liberté pour négocier une réduction des heures de travail et des salaires durant une période de baisse d'activité jusqu'à deux ans, avec en contrepartie l'engagement de ne pas licencier».

«Un grand succès pour le gouvernement» dit le Handelsblatt:

vendredi 11 janvier 2013

Merkel fait pression sur Chypre, en attente de sauvetage.

«Chypre doit aller de l'avant avec ses obligations et ses réformes économiques», a déclaré la chan­celière allemande.
«Chypre doit aller de l'avant avec ses obligations et ses réformes économiques», a déclaré la chan­celière allemande.
 
La chancelière allemande a appelé vendredi Chypre à mener des réformes, deux jours après avoir souligné que l'île méditerranéenne, qui a demandé un plan de sauvetage européen, ne bénéficierait pas de «conditions particulières».
 
 
Angela Merkel ne fait pas dans la dentelle avec Chypre, qui négocie depuis le mois de juin un sauvetage financier. La chancelière était en visite sur l'île vendredi, non pas en tant que chef de gouvernement mais comme membre du Parti populaire européen (PPE) venue soutenir ouvertement, avec une vingtaine de dirigeants du Vieux Continent, le candidat de droite Nicos Anastasiades, donné favori à l'élection présidentielle du 17 février prochain.
«Chypre doit aller de l'avant avec ses obligations et ses réformes économiques», a déclaré la chan­celière allemande. Angela ­Merkel a ajouté que l'aide, un temps attendue pour l'Eurogroupe du 21 janvier, ne sera «pas décidée dans l'immédiat». Pour renflouer ses banques, très exposées à la crise grecque, et l'aider à refinancer sa dette publique, l'aide est évaluée à 17 milliards d'euros sur quatre ans, davantage que le PIB annuel de la petite île de la zone euro.
Le président sortant, le communiste Demetris Christofias qui ne se représente pas, a lancé des réformes pour réduire les dépenses publiques. Mais il est hostile à des privatisations, souhaitées par la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). Les dirigeants du PPE rassemblés vendredi à Limassol attendent davantage de son successeur.
Angela Merkel a aussi agité la carotte en promettant à Chypre «une solidarité des autres pays européens». Le temps presse pour Nicosie qui peine à payer ses fonctionnaires. Mercredi soir, l'agence de notation Moody's a baissé de trois crans la note chypriote, à Caa3, enfonçant encore davantage l'île dans la catégorie spéculative. Le risque de défaut de paiement s'accroît, a averti Moody's.

lundi 25 juin 2012

La crise de l'euro ravive les stéréotypes nationaux.

Supporteurs allemands pendant le match de l'Euro 2012 contre la Grèce, vendredi dernier.<br/>La devise européenne comme symbole de supériorité.
Supporteurs allemands pendant le match de l'Euro 2012 contre la Grèce, vendredi dernier.
La devise européenne comme symbole de supériorité.



 Les poncifs, parfois à la limite de la xénophobie, refleurissent de plus belle. Quand le foin manque au râtelier, les chevaux se battent.

La dérision est un plat qui se mange au grand jour. Pour se moquer de la politique fiscale française et son projet d'imposition à 75% des plus riches, David Cameron, premier ministre britannique, a choisi la tribune du G20 au Mexique, une chambre d'écho médiatique mondiale à défaut d'être autre chose. Même Margaret Thatcher, qui ne portait pas les socialistes dans son cœur, n'avait jamais osé pareil «France bashing», une raclée publique pour parler français. Était-on plus courtois il y a trente ans? Les temps étaient moins durs et les politiques ne jugeaient pas judicieux de raviver les passions nationalistes pour flatter leur propre électorat meurtri par la crise.
Étrange paradoxe. Les gouvernements européens s'évertuent à monter solidairement des pare-feu financiers qui se chiffrent en centaines de milliards d'euros. Mais ils s'adonnent à des attaques venimeuses. Ainsi Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand pourtant francophile, a-t-il critiqué publiquement le retour partiel à la retraite à 60 ans en France. On éprouve d'autant moins de scrupules outre-Rhin que l'hiver dernier Arnaud Montebourg - il n'était pas encore ministre - avait stigmatisé «le nationalisme allemand en train de resurgir au travers de la politique à la Bismarck de Mme Merkel».

«Fracture Nord-Sud»:

lundi 11 juin 2012

Hollande-Merkel : une lutte idéologique sur l'Europe.

La chancelière allemande a une conception libérale et fédéraliste, le Français est un dirigiste pour l'économie et un étatiste en politique.


Que propose François Hollande pour sauver la zone euro? Une solidarité financière accrue et une relance écono­mique collective. Côté finance, c'est ce qu'il ne cesse d'appeler les «eurobonds», quand l'immense majorité des journalistes français ayant le souci de leur langue et de leur outil de travail parle d'«euro-obligations». L'émission en commun, par les 17 États de la zone euro, de titres de dette sur les marchés permettrait aux pays les moins solides de s'endetter à meilleur compte. Quant à la croissance, comme la paix ou la santé, qui saurait s'en désintéresser?
Voilà ce qui apparaît comme du bon sens, «la chose du monde la mieux partagée», disait Descartes pour nommer la «raison», dans sa langue du XVIIe siècle. Vive le rationalisme français! Mais en face, Angela Merkel s'exprime elle aussi dans son arbre généalogique, celui de «l'idéalisme allemand». Et, il faut le reconnaître, le modèle que la chancelière voudrait étendre à l'ensemble de l'Europe repose sur un corps de doctrine puissant. Et il a quelques trophées à son actif qui plaident en sa faveur, depuis la reconstruction d'après guerre et la réunification de 1990.
«L'économie sociale de marché», à laquelle s'identifie l'Allemagne depuis 1945, est souvent présentée en France comme un oxymore, une synthèse heureuse entre le libéralisme anglo-saxon et la solidarité sociale. Les principes directeurs en remontent à 1929. Des universitaires de Fribourg, l'éco­nomiste Walter Eucken et le juriste Hans Grossmann-Doerth entre autres, ont alors cherché une réponse à la crise financière mondiale en inventant un nouvel ordre économique, l'«ordolibéralisme».

Circonscrire la puissance maléfique de tout pouvoir public:

lundi 14 mai 2012

Le parti de Merkel subit une sévère défaite régionale.


Les chrétiens-démocrates au pouvoir à Berlin ont été nettement battus dimanche en Rhénanie du Nord-Westphalie. Sans surprise, ce résultat sonne néanmoins comme un mauvais augure pour la chancelière.




Angela Merkel risque de ne pas avoir le sourire pour accueillir François Hollande mardi soir. Le parti chrétien-démocrate (CDU) de la chancelière allemande a subi dimanche un cuisant revers lors d'un scrutin régional en Rhénanie du Nord-Westphalie, État le plus peuplé d'Allemagne.
Selon des résultats encore partiels, l'opposition fédérale sociale-démocrate (SPD) a gagné l'élection avec 38% des suffrages. Les écologistes ayant recueilli 12% des voix, la coalition sortante SPD-Verts devrait continuer à gouverner ce Land.
De son côté la CDU a recueilli environ 25,5% des suffrages, soit environ 9 points de moins qu'en 2010, son plus mauvais score jamais enregistré dans cette région. Cette défaite s'ajoute à une longue série noire pour la coalition libéralo-conservatrice au pouvoir à Berlin: depuis 2009, elle a échoué à dépasser la barre des 5% dans six scrutins régionaux, et a perdu son fief historique du Bade-Wurtemberg.

Merkel toujours populaire dans les sondages:

vendredi 11 mai 2012

Le rappel à l'ordre de Merkel à la France.

Angela Merkel au Bundestag, jeudi à Berlin.
Angela Merkel au Bundestag, jeudi à Berlin.


 La chancelière a réitéré jeudi son refus de financer la croissance par les déficits.



La tension monte entre Paris et Berlin à l'approche de la rencontre entre François Hollande et Angela Merkel, la semaine prochaine. Taclée par les sociaux-démocrates sur les effets pervers de sa politique dans la zone euro, la chancelière allemande riposte en renvoyant le nouveau président français dans ses buts. Jeudi devant le Bundestag, elle a réitéré son refus de toute croissance tirée par les déficits en Europe en insistant sur les risques liés à une telle politique.
«Une croissance par des réformes structurelles est importante et nécessaire. Une croissance à crédit nous ramènerait au début de la crise. Nous ne le voulons pas, nous ne le ferons pas», a prévenu Angela Merkel, suscitant des applaudissements au Bundestag. Elle a estimé que le prochain sommet du G8 aux États-Unis, prévu les 18 et 19 mai, aborderait les «prochaines mesures» pour la consolidation des finances publiques, ainsi que «les mesures de croissance» actuellement discutées en Europe. Ce sont «les deux piliers de notre stratégie» de lutte contre la crise, a-t-elle rappelé.
Pour Berlin, la croissance doit se fonder sur la discipline budgétaire. La chancelière allemande le répète depuis le début de la tempête dans la zone euro: il n'existe pas de «solution magique» à la crise. Sa résolution passe par une politique de petits pas successifs visant à restaurer la confiance. Jeudi, elle a jugé crucial que chacun accepte l'idée que «la sortie de crise sera un processus long» et qu'elle nécessite de s'attaquer aux problèmes essentiels de certains pays européens: «un endettement catastrophique» et «un manque de compétitivité».

Prendre à bras-le-corps les problèmes de compétitivité:

mardi 8 mai 2012

L'Europe entre dans une zone de turbulences.


Les votes grec et français obligent l'UE à réviser ses dogmes.


Les Français comme les Grecs ont sanctionné la rigueur et l'Europe cherche à nouveau ses repères. Au lendemain de la victoire de François Hollande et de la cuisante défaite des partisans de l'euro à Athènes, l'UE s'est lancée lundi dans un rattrapage politique à marche forcée. Sous la bannière commune de la croissance, mais en ordre dispersé.
Beaucoup dépendra de la capacité du président élu et de la chancelière allemande à faire taire d'ici au 15 mai leurs dissonances sur ce qui constituait jusqu'à dimanche la boussole des capitales européennes: le pacte budgétaire et la discipline collective. Mais c'est le vote grec qui créé la consternation. En privant de légitimité démocratique le plan de sauvetage auquel l'Europe a voué deux ans durant une énergie considérable, il réveille immédiatement le spectre d'un éclatement de l'euro.
«La Grèce est à la limite de ce que son peuple peut encaisser» en matière d'austérité, reconnaît Michel Barnier face à la poussée électorale des extrêmes. Pour le commissaire français, l'équilibre reste à trouver dans toute l'UE «entre ce qui est crédible pour les marchés et ce qui est supportable pour les peuples». Angela Merkel sort affaiblie de l'épreuve, mais l'orthodoxie financière n'est pas pour autant battue en brèche: «Il est hors de question de renégocier le plan de sauvetage» laborieusement conclu en février avec Athènes, assure un responsable placé au cœur de la discussion.

«Toutes les dettes ne se valent pas»:

lundi 7 mai 2012

Merkel s'oppose à Hollande sur le pacte budgétaire .


Si la chancelière salue l'élection du socialiste, Berlin pose clairement les limites et table sur des réformes structurelles pour relancer la croissance en Europe.



Angela Merkel accueillera le nouveau président de la République française «à bras ouverts», mais défendra fermement sa conception rigoureuse de la politique économique en Europe.
La chancelière a réaffirmé ce lundi les limites qu'elle entend opposer à la volonté de François Hollande d'enrichir le pacte budgétaire de mesures destinées à soutenir la croissance. «Le pacte de croissance n'est pas négociable. [...] Il n'est pas possible de tout renégocier après chaque élection», sinon «l'Europe ne fonctionne plus», a estimé Angela Merkel lors d'une conférence de presse. «La Grèce pourrait aussi demander à renégocier» le plan d'austérité qu'elle met en œuvre en échange de l'aide internationale, a-t-elle par exemple mis en garde. Le porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert, a également rappelé ce lundi que 25 pays sur 27 avaient adopté ce pacte à l'arraché il y a quelques mois, et qu'il était par conséquent «impossible» de le renégocier. La Grèce, le Portugal et la Slovénie l'ont d'ores et déjà ratifié.
Angela Merkel, pour autant, a ouvert la porte, dimanche, à l'adoption d'un nouveau pacte de croissance pour la zone euro, qui s'ajouterait au pacte budgétaire. Mais elle a clairement posé les limites entre ce qui est pour elle acceptable, et ce qui ne l'est pas. «L'Allemagne ne veut pas d'une croissance par des déficits, mais d'une croissance par des réformes structurelles», a rappelé ce lundi Steffen Seibert. Dans la lignée des propos de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), la chancelière allemande entend avant tout relancer la croissance en Europe par un sucroît de compétitivité, notamment en réformant le marché du travail.

«Travailler bien et de façon intensive»:

Les Européens saluent le président de la croissance.

François Hollande a été élu président de la République française avec 51,62% des voix.
François Hollande a été élu président de la République française avec 51,62% des voix.


 De nombreuses capitales européennes mentionnent la relance de l'activité dans leurs félicitations au nouveau président. Pas sûr qu'en la matière, le socialiste partage les mêmes recettes que ses voisins.


Défendue tout au long de la campagne par François Hollande, l'idée d'un pacte de croissance commence à faire l'unanimité en zone euro. Et pour cause: les craintes de récession s'amplifient, même en Allemagne. «Nous allons travailler ensemble à un pacte de croissance pour l'Europe», a promis le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.
Le président de la Commission européenne, José Luis Manuel Barroso, a identifié le même but: «relancer l'économie européenne pour générer une croissance durable, reposant sur des bases saines et source de nouveaux emplois». Le chef de l'exécutif européen estime qu'il partage avec le socialiste «la conviction qu'il faut investir dans la croissance et les grands réseaux d'infrastructures, en mobilisant plus fortement la Banque européenne d'investissement et les fonds disponibles dans le budget européen, tout en maintenant le cap de la consolidation budgétaire et de réduction de la dette.»
L'italien Mario Monti n'a pas dit autre chose. La collaboration qu'il souhaite établir avec François Hollande doit avoir pour «objectif une union toujours plus efficace et orientée vers la croissance». De son côté, le premier ministre socialiste belge, Elio Di Rupo, a déclaré «se réjouir de travailler avec François Hollande et les autres chefs d'États et de gouvernements européens à la concrétisation d'un plan de croissance et de création d'emploi». Même écho au Danemark et au Luxembourg.
De Rome à Berlin, en passant par Madrid et Francfort, pas sûr toutefois que tout le monde soit d'accord sur la méthode à suivre pour relancer l'économie. «François Hollande veut renégocier le pacte budgétaire et est opposé à la chancelière allemande Angela Merkel qui défend surtout des réformes structurelles pour soutenir la croissance», souligne Pierre-Olivier Beffy, économiste en chef d'Exane BNP Paribas.

«Réformes structurelles»:

L'Allemagne ajuste son tandem avec la France.

Pour Angela Merkel, les promesses électorales du candidat socialiste ne sont pas gravées dans le marbre.
Pour Angela Merkel, les promesses électorales du candidat socialiste ne sont pas gravées dans le marbre.


 La chancelière Angela Merkel veut croire qu'Hollande cherchera une «solution pragmatique» à leurs désaccords.



C'est un rude coup pour Angela Merkel. La chancelière allemande a perdu dimanche soir son plus proche allié pour s'imposer face à ses partenaires européens dans la gestion de la crise de l'euro. La défaite de Nicolas Sarkozy, qu'elle aura soutenu jusqu'au bout, est aussi un peu la sienne. Cependant, son parcours politique en atteste: Merkel est douée pour s'adapter aux nouvelles réalités. Cela fait déjà plusieurs semaines que son équipe se prépare à l'éventualité d'une victoire de François Hollande. Le socialiste ne fait plus peur à Berlin. Son premier coup de fil, dimanche soir, devait être pour la chancelière.
François Hollande avait passablement irrité les Allemands en promettant pendant sa campagne de ne pas ratifier en l'état le traité de discipline budgétaire. Le candidat socialiste voulait y inclure un volet de mesures de soutien à la croissance, portant notamment sur le financement au niveau européen de grands projets industriels ou environnementaux. Merkel avait répondu sèchement qu'il n'y aurait pas de renégociation du texte, considéré à Berlin comme l'aboutissement de sa vision d'une Europe imprégnée de la «culture de stabilité» germanique. Avant de faire un petit pas en direction d'Hollande en indiquant que l'Union européenne préparait «un agenda croissance» en vue du sommet de fin juin.
Hollande, qui a dit vouloir s'inscrire dans la tradition franco-allemande en effectuant son tout premier déplacement outre-Rhin, est attendu à Berlin en fin de semaine ou au tout début de la semaine prochaine, dans la foulée de son investiture. Il devrait s'entretenir de façon informelle avec la chancelière de la manière d'amender le traité. Merkel veut empêcher que les initiatives de soutien à la croissance ne retardent sa ratification. Pour déjouer tout risque d'isolement, elle a déjà rallié l'Italien Mario Monti. Et elle cherche à rassembler autour de leur tandem un nombre significatif des vingt-cinq pays signataires du traité, afin de ratifier le texte sans attendre la France.

mardi 17 avril 2012

Zone euro : la nervosité domine toujours.

Le siège de la BCE, à Francfort.
Le siège de la BCE, à Francfort.


 La polémique autour du rôle de la Banque centrale européenne et la situation préoccupante de l'Espagne, tombée en récession au premier trimestre de cette année, préoccupent les investisseurs.



Les tensions restent très fortes dans la zone euro, alimentées tout à la fois par les préoccupations concernant l'Espagne, où les taux obligataires se sont fortement tendus lundi, et par la polémique lancée, dans le cadre de la campagne présidentielle française, autour du rôle de la Banque centrale européenne (BCE).
Le président-candidat, Nicolas Sarkozy, a affirmé dimanche qu'il entendait, s'il était réélu, «ouvrir le débat» sur la BCE et son action dans le soutien de la croissance en Europe. Et, si le gouvernement allemand a la «conviction profonde» que cette dernière doit exercer son mandat «de manière indépendante», le ministère des Finances, à Berlin, n'a pas souhaité commenter plus avant les déclarations françaises.
Au plus fort des tensions de la zone euro, en fin d'année dernière, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel étaient pourtant tombés d'accord pour ne plus évoquer publiquement le rôle de la BCE afin de préserver son indépendance dans la gestion de la crise. Une stratégie qui s'était avérée payante puisque la Banque centrale européenne avait eu les mains libres, grâce à cela, pour se lancer dans son opération de refinancement illimitée des banques à trois ans. Cette opération a permis à ces dernières d'améliorer leurs fonds propres et de se porter acquéreurs d'obligations d'État au premier trimestre, ce qui a apaisé les tensions sur les marchés de dette. Mais au moment où les effets de cette politique commencent à s'estomper, le nouvel appel du pied à la BCE lancé par la France risque de contribuer à un regain de nervosité.

jeudi 21 juillet 2011

Nicolas Sarkozy ressoude le couple franco-allemand .


Si Angela Merkel veut mettre l'Europe à la rigueur budgétaire, Nicolas Sarkozy entend faire accepter à la chancelière plus de gouvernance économique.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont arrivés dans la matinée jeudi à Bruxelles, au terme d'une négociation marathon commencée à Berlin jeudi en fin d'après-midi et qui devait se terminer dans la capitale belge dans la soirée. Mercredi soir, entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, un accord avait été défini dont la présidence européenne de Herman Von Rumpoy a ensuite laissé fuiter les grandes lignes dans la matinée, entraînant une réaction positive des marchés.
«Les Bourses ont été rassurées par l'existence d'un accord entre Berlin, Paris et la BCE», assure un proche de Nicolas Sarkozy. La réunion de travail entre Sarkozy et Mer­kel - «sept heures sans aucune interruption», selon l'entourage du chef de l'État - n'a pas été suffisante pour emporter l'adhésion inconditionnelle des quinze autres membres de la zone euro. «Beaucoup sont arrivés sans avoir en tête les aspects très techniques de ce dossier. Il a fallu beaucoup expliquer. Chacun a voulu être sûr de bien comprendre les mécanismes en jeu», explique un proche du chef de l'État. Malgré une négociation beaucoup plus longue que prévu, les conseillers diplomatiques du chef de l'État avaient le sentiment de tenir le bon bout, jeudi soir. «Cet accord est un message politique fort, pour deux raisons : il réaffirme la détermination de la zone euro à ne pas laisser tomber la Grèce, et il réforme en profondeur le Fond de stabilisation européen, en lui donnant un périmètre d'intervention supplémentaire», résumait-on dans l'entourage du chef de l'État, en marge de la réunion.

Plus de gouvernance économique :

La zone euro éteint l'incendie grec.


Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Angela Merkel jeudi soir.
Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Angela Merkel jeudi soir.
 
Le sommet exceptionnel réuni jeudi à Bruxelles a, à la fois, donné un feu vert à un sauvetage de la Grèce et suffisamment de gages d'unité pour espérer enrayer la contagion de la crise sur les marchés.
 
Pour sauver sa monnaie commune, l'Europe fait la part du feu. Les dix-sept pays de l'euro ont transgressé un interdit collectif, en assumant le risque d'une possible faillite partielle de la Grèce. Mais les dirigeants nationaux ont aussi bousculé leurs propres tabous, afin de restaurer la confiance et de ressouder l'équipe face à l'incendie.
Le sommet de Bruxelles, déminé la veille par un dîner à trois à Berlin, a vu chacun y mettre du sien. Jean-Claude Trichet, gardien sourcilleux de l'orthodoxie monétaire, a accepté à contrecœur la possibilité d'un «défaut de paiement» de la Grèce, même s'il veut croire qu'il sera conjuré. Nicolas Sarkozy a rempoché sa taxe sur les banques - un projet précisément conçu pour éviter à Athènes l'épreuve de la faillite, fût-elle limitée. Angela Merkel paie en retour. Elle accepte de muscler substantiellement le fonds de sauvetage européen des pays endettés, ignorant les doutes qui minent sa coalition à Berlin. Et elle adresse un «très grand merci» à ses interlocuteurs.
Inespéré, voire courageux, le dispositif arrêté jeudi soir est aussi un saut dans l'inconnu. Le danger était que l'onde de choc redoutée d'un possible défaut «sélectif» d'Athènes vienne balayer les nouvelles défenses de la zone euro. Le chef de l'État a soigneusement évité les mots «défaut de paiement» ; mais il a assuré que la zone euro prodiguerait le moment venu «toutes les garanties nécessaires». Signe encourageant, l'accord a été salué jeudi par une hausse de l'euro et un rebond des marchés.

Réduire le fardeau de la dette: